Calais : passeurs pour une passoire (Présent 8222)

Calais : passeurs pour une passoire (Présent 8222)

31/10/2014 – CALAIS (NOVOpress)
Neuf passeurs ont écopé de dix mois à six ans de prison ferme à l’issue d’un procès mardi à Boulogne-sur-Mer qui a permis de jeter un éclairage sur les pratiques de ce type de réseaux.

Une du numéro 8222 de "Présent"

Une du numéro 8222 de “Présent”

Neuf chances pour la France… Les huit Egyptiens et le Tunisien condamnés proposaient aux migrants de les faire entrer clandestinement en Angleterre. Arrivés à Calais, les migrants sont approchés par ces passeurs qui sont en rapport, eux, avec la tête du réseau en Angleterre. Deux options s’offrent aux clandestins : un passage « classique », c’est-à-dire caché dans un camion pris d’assaut, pour lequel il faut compter entre 400 et 1.000 euros ; ou un passage « garanti », dans le coffre d’une voiture complice. Une offre premium qui coûte jusqu’à 5.000 euros. De l’argent trouvé… en volant les téléphones portables et les porte-monnaie des Calaisiens de souche, en fouillant dans les tiroirs-caisses des commerçants.

Le procureur de la République avait demandé aux juges « d’adresser un message aux réseaux d’immigration clandestine pour qu’ils ne continuent pas impunément de gagner énormément d’argent sur la détresse des migrants ». Autrement dit : si les passeurs œuvraient bénévolement, ou pratiquaient des tarifs plus raisonnables, le procureur n’y trouverait rien à redire.

Les passeurs avaient un train de vie intéressant. Les virements de 10.000 euros n’étaient pas rares. L’un des Egyptiens annonçait à sa mère, au téléphone, un envoi d’argent important pour l’acquisition d’un appartement « au pays ». Les enquêteurs ont également découvert que certains prévenus détenaient des machettes, des fusils à pompe. Avaient-ils, comme le Calaisien moyen, un sentiment d’insécurité ? Oui, en raison d’une « guerre de territoire » avec un réseau kurde concurrent. Saine émulation entreprenariale !

Outre les peines de prison, nos immigrés exploiteurs de migrants se sont vu infliger des sanctions d’interdiction du territoire français (ITF), sauf pour l’un d’entre eux qui a un enfant en France. Cette ITF ne devrait pas tenir éloignés très longtemps de la France ces spécialistes du passage des frontières qui n’existent plus.

Samuel Martin


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