"Samba" Le conte de fées migratoire (Présent 8220)

“Samba” Le conte de fées migratoire (Présent 8220)

29/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ce cinéma-pommade donne des boutons. Tout le monde il est gentil, désintéressé, irresponsable, dégoulinant de bons sentiments et de tartes à la crème de gauche. Qui priment sur la vraisemblance, la réalité, sur Calais, sur tout quoi…

Une du numéro 8220 de "Présent"

Une du numéro 8220 de “Présent”

Même Télérama a trouvé ça gros (quand tout le reste de la critique déroule des kilomètres de louanges). C’est bien un conte merveilleux. Long et sirupeux. Déconnecté du réel. Parfois drôle mais jamais émouvant. Orienté et tendancieux aussi. Mais pas nul. On sait depuis Intouchables qu’Olivier Nakache et Eric Toledano ne manquent pas de talent. Ils évitent ici la propagande trop évidente façon Welcome et certaines outrances. Comme les Français collabos et les flics qui cognent sur les Blacks et les Arabes.

Samba (Omar Sy qui a sacrément forci), Sénégalais sans papier en France depuis dix ans – frappé d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français) -, collectionne les petits boulots. Alice (Charlotte Gainsbourg) est une cadre supérieure épuisée par un « burn out ». Elle se soigne par le bénévolat dans une association et va avoir une révélation… A noter que l’actrice intello est en décalage complet et assez cucul, peu crédible dans le rôle de la bobo parisienne des beaux quartiers qui va connaître le grand frisson avec un clandestin sénégalais.

Pâle comme une endive, elle incarne une France au bout du rouleau et dépressive. Le gentil clandestin adorable et courageux (mais pourquoi la police le pourchasse-t-elle donc ?) va sauver la jeune Française. Et l’idée dominante c’est bien que c’est à la France tout entière que des centaines de milliers de Samba vont rendre le sourire.

Que peuvent bien penser des jeunes Français qui voient Samba ? (Précision : il n’y avait que des vieux dans la salle, les jeunes étaient dans la salle d’Annabelle). Que la vie n’est pas juste, que tous les clandestins sont aussi gentils et bien intentionnés, marrants et poètes qu’Omar Sy et Tahar Rahim ? Et que la France a bien les moyens de les accueillir tous et de les faire vivre ?

Pas sûr que cette fable-là passe encore auprès d’adolescents qui se collettent tous les jours (et parfois pas plus loin que dans leurs salles de cinéma) aux réalités de la France pluri-culturelle et multi-raciale

Caroline Parmentier


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