De la place Vendôme et McCarthy

De la place Vendôme et McCarthy

19/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
Encore une pulsion théâtrale du dinosaure McCarthy à bout de souffle. Activant sa ficelle, la transgression, l’agitateur « scato-choc » se raccroche aux branches, gonflant des structures qui ont perdu la fougue de ses vertes années. Sa nouvelle astuce : écraser par le gigantisme des spectateurs culpabilisés, pétrifiés devant l’horreur. La critique leur est interdite, sous peine d’être livrés à la milice subventionnée.

Monsieur McCarthy avait-t-il le cran de s’asseoir au sommet de son monticule vert, sans filet, comme il le fit jadis muni de petites poupées blondes(1) ? Tree (photo ci-dessus, avant qu’il ne soit dégonflé hier dimanche 18/10/2014) est un échec, qu’il cesse d’asséner sa crise nihiliste et renonce désormais à son exposition de la Monnaie de Paris(2). Nous contemplons chaque jour le pillage de l’héritage européen et de son esthétique instrumentalisée. L’art d’Etat imposé n’offre rien, mais dévore ce qu’il capte, drapé dans l’orgueil des doubles sens. L’architecture parisienne, sans doute trop pauvre pour ses fonctionnaires, subit brutalement la réforme.

Il est temps pour le vieil homme et ses comparses de se retirer décemment et laisser place à la jeune garde. Les artistes se réveillent en nombre et enterreront cette soif de destruction, car la jeune France analyse ce poison désabusé. Le choc visuel est devenu mainstream(3). Lorsque le débat philosophique autour de l’art éclatera, ces plasticiens homologués n’auront pour seule carte que le piège du détournement cher aux conceptuels(4). L’art officiel se nourrit de l’émotion douloureuse qu’il suscite. N’existant qu’au travers de la violence, cette production se heurtera à la transcendance des créateurs de demain, las de ramasser les débris d’une novlangue creuse.

Notre liberté : rendre à César ce qui lui appartient, pour ne plus les voir, ni dans l’espace public, ni dans les musées, ni dans les écoles d’art françaises. Puis les remplacer en poursuivant l’ambitieuse quête intellectuelle et spirituelle qui a construit notre civilisation. Qu’ils achèvent leur descente dans l’abîme, ou relèvent la tête s’ils en sont capables. Quant à nous, puisons dans notre art sacré ancestral, ecclésial, seul capable d’arracher l’œil du spectateur à la mutilation des corps et de la raison.

Sophie Carbone

Crédit photo : DR

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Notes :
1) A l’Université de San Diego, en 1976, son happening consistait à s’enfoncer la tête d’une poupée Barbie dans le rectum.
2) Un avertissement sur la page web de l’exposition souligne que certaines œuvres « peuvent être dérangeantes avec un caractère sexuellement explicite et parfois violent ».
3) Conformiste à l’échelle mondiale.
4) Marcel Duchamp (1887-1968) ouvrit la voie de l’œuvre conceptuelle, construite comme un piège à la fois visuel et sémantique semant le trouble. Cette œuvre tient le rôle d’appât, de prétexte pour tirer profit du contexte explosif qui en découle.