Aymeric Chauprade : "Je suis entré en politique pour aider Marine Le Pen à stopper le changement de population"

Aymeric Chauprade : “Je suis entré en politique pour aider Marine Le Pen à stopper le changement de population”

28/09/2014 – PARIS (via Le Bréviaire des Patriotes, extraits)

Aymeric Chauprade, géopoliticien français reconnu et auteur notamment de Géopolitique : Tendances et changements dans l’Histoire, a récemment publié une tribune sur la place de la France face à la question islamique, qu’il définissait comme une priorité. Récemment engagé aux côtés du Front National, avec lequel il a été élu au parlement européen, M. Chauprade a répondu à nos questions suite au débat qui a suivi sa prise de position radicale contre l’État islamique et, secondairement, en faveur d’Israël face au Hamas.

LBDP : Est-ce la mort de Dominique Venner qui dicte votre engagement politique aujourd’hui ?

A. Chauprade : Ce qui dicte mon engagement politique aujourd’hui c’est d’abord une réalité charnelle et sentimentale : une famille, des enfants auxquels je veux laisser un avenir français et européen. […]

Dominique Venner… m’a consolidé dans mon combat pour l’identité de notre civilisation.

Y a-t-il une différence de ligne entre le Chauprade géopoliticien indépendant et le Chauprade candidat du Front National ?

Une différence de ligne certainement pas. Je me suis engagé pour faire gagner mes idées et non pour en changer. Une différence d’approche et de traitement des idées oui et c’est normal. Le champ libre de la politique est plus réduit que le champ libre de l’écriture. Il y a des contraintes de formulations évidentes. L’autre différence c’est que l’écriture est tendue vers l’explication tandis que la politique est tendue vers la solution. […]

Je suis entré en politique avec un objectif simple : aider Marine Le Pen à arriver au pouvoir pour que celle-ci stoppe le changement de population qui est en train de nous vider de notre substance, de notre civilisation. […]

Votre récente tribune, « La France face à la question islamique », a été beaucoup critiquée par certains milieux, qui vous accusent entre autres de soumission à Israël. Qu’avez-vous à leur répondre ?

[…] Quant à l’accusation d’être soumis à Israël, comme d’ailleurs à un quelconque autre État, elle est grotesque. Je ne veux même pas mettre en avant l’argument suivant lequel j’ai voyagé dans tous les pays du Moyen-Orient sauf Israël, car je m’autorise à aller un jour dans ce pays et personne ne m’en empêchera. […]

Dans votre ouvrage « Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire », vous mettez en garde contre une vision monocausale du monde. N’avez-vous pas fait de même dernièrement par rapport à l’islamisme ?

Pas plus qu’il ne faut expliquer le monde par le sionisme, il ne faut l’expliquer par le fondamentalisme islamique. Je ne cède en rien à la monocausalité. Je dis que les Européens comme les Américains, les Russes, les Chinois, les Indiens sont confrontés à un problème commun qui est celui du fondamentalisme sunnite, lequel a été nourri par la politique américaine.

Et je dis, en même temps, qu’il existe un affrontement entre les États-Unis et les BRICS pour faire simple, entre ceux qui veulent un monde unipolaire (et qui utilisent la réalité de la menace islamiste pour essayer d’avancer vers cet objectif) et ceux qui veulent un monde multipolaire. […]

La France doit combattre l’islamisme qui est une menace mais avec discernement c’est-à-dire sans tomber dans la validation de la politique américaine. J’étais contre l’intervention en Afghanistan car elle ne menait à rien et nous ne pouvions pas changer le destin interne des Afghans. Je suis favorable en revanche à des frappes françaises aux côtés des Américains contre EI (c’est un intérêt commun) parce que je pense qu’elles donnent un répit aux forces étatiques ou pré-étatiques locales (irakiennes, syriennes, kurdes, pasdaran iraniens) pour s’organiser et régler elles-mêmes le problème d’EI. […]

Parallèlement, je combats la folle stratégie de la tension avec la Russie à propos de l’Ukraine qui peut nous mener à une guerre mondiale. La politique étrangère indépendante à laquelle j’aspire n’est donc gouvernée par aucune obsession monocausale. […]

Concernant l’État Islamique, est-il judicieux de préconiser une action commune avec des États qui ont enfanté ces extrémistes, à commencer par les États-Unis ?

La réponse est oui. Quand une maison brûle il est judicieux de commencer par essayer d’éteindre le feu plutôt que de s’engueuler en regardant la maison brûler. Il faut arrêter EI d’abord parce que, je le rappelle, les minorités chrétiennes de Syrie et d’Irak sont purement et simplement menacées d’extermination et de dispersion, et avec elles d’autres minorités auxquelles, en tant qu’amoureux du genre humain et de sa variété identitaire je tiens personnellement beaucoup, mais en plus parce que si nous laissons se propager cette nouvelle expérience califale alors nous prenons le risque qu’elle soit le noyau d’un réveil islamique généralisé.

L’islam est une religion du rapport de force. Si cette dynamique de l’EI est écrasée sous le feu de la puissance occidentale, c’est la hiérarchie des civilisations qui est rappelée à la masse immense des musulmans du monde.

Faut-il rappeler ici que le point commun de toutes les idéologies du monde arabe, qu’il s’agisse de l’islam politique ou du nationalisme arabe est tendu vers l’objectif de restaurer la primauté du monde arabo-musulman sur l’Occident, primauté perdue au XVe siècle, notamment par le fait des Grandes Découvertes et du contournement du monde musulman par les Européens.
[…]

Propos recueillis par Christopher Lings

Pour lire l’article dans son intégralité sur Le Bréviaire des Patriotes.