La publication de la réserve parlementaire du Sénat dégage un relent de clientélisme

La publication de la réserve parlementaire du Sénat dégage un relent de clientélisme

25/09/2014 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
Rappelons que la réserve parlementaire se définit comme une dotation financière utilisable par les sénateurs et députés, issue du budget de l’Assemblée nationale et du Sénat et qui sert à financer des associations et des collectivités de leur circonscription.

La réserve parlementaire du Sénat qui vient d’être publiée représente pour l’année 2013 des subventions pour un montant total de 54 millions d’euros.

C’est à la suite de la mise en place de la loi sur la transparence publique du 17 septembre 2013, votée à la suite de l’affaire Cahuzac, que l’Etat publie la liste des bénéficiaires. Les noms précis des communes et associations ayant reçu des subventions ont été dévoilées par le ministère des Finances. On apprend ainsi que l’association immigrationniste Générique a perçu 90.000 €. Ou encore que les Fondations Gabriel Péri et Jean Jaurès, qui sont des officines du parti socialiste, ont reçu 80.000 € chacune.

Les données démontrent le clientélisme local de certains députés à l’égard de leurs électeurs
Il n’est pas nouveau que ce système de réserve parlementaire favorise un certain clientélisme.

D’un côté, les sénateurs socialistes donnent volontiers de manière coordonnée des fonds aux associations dont ils sont proches.

De l’autre, les sénateurs du centre et de l’UMP arrosent de préférence leurs circonscriptions électorales. Gérard Larcher, ancien président du Sénat, et Philippe Marini, président de la commission des finances, sortent grands vainqueurs de cet exercice. Tous deux ont réservé leur dotation aux villes dont ils sont les maires : Rambouillet et Compiègne ! On comprend mieux pourquoi Philippe Marini s’était fermement positionné, à l’occasion de l’adoption de la loi sur la transparence publique contre celle-ci. Ce clientélisme est un comble pour ceux qui dénoncent de façon récurrente l’excès des dépenses publiques comme l’un des fléaux politico-économiques de notre temps.

Crédit photo : Parti socialiste, via Flickr, (cc).