Christophe Guilluy, le géographe briseur de rêves de la bienpensance

Christophe Guilluy, le géographe briseur de rêves de la bienpensance

21/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Le site de l’hebdomadaire Marianne le révèle : la veille du discours de politique générale de Manuel Valls lors du dernier vote de confiance à l’Assemblée nationale (prononcé le mardi 16 septembre), les éditions Flammarion ont du livrer en toute hâte deux exemplaires du livre de Christophe Guilluy, La France périphérique, à Matignon. De fait, des passages entiers du discours du Premier ministre devant les députés sont inspirés du livre du géographe. Ainsi lorsqu’il déclare que le pays se « fragmente entre les gagnants et les perdants de la mondialisation », que « dans les périphéries, les villes moyennes, les petites villes, les espaces ruraux, la vie de tous les jours se dégrade » ou lorsqu’il fait référence aux « abandonnés de la République (…) qui se replient sur eux-mêmes, se désintéressent du débat public et font le choix du repli » il reprend pratiquement mot pour mot des passages du livre de Christophe Guilluy…

Mais la comparaison s’arrête là. La gauche sociale-libérale refuse d’aller au bout du raisonnement du géographe. Libération a ainsi consacré cinq pages à la France périphérique dans son édition du mercredi 17 septembre, jour de sortie de l’essai de Christophe Guilluy. Dans son éditorial du 12 septembre, Laurent Joffrin, le directeur de la rédaction de Libération, y affirmait même que c’est « le livre que toute la gauche doit lire d’urgence ». Peine perdue, c’est pour jeter aux orties une part essentielle du livre qui « légitime le discours identitaire d’une partie de la droite et de l’extrême droite : racisme anti-Blanc, peur de ne plus être majoritaire “chez soi”, stigmatisation des élites mondialisées… ». Bref, le quotidien dénonce clairement le constat « clairement ethnicisé et identitaire » du livre de Christophe Guilluy et regrette son « positionnement politique qui semble pointer davantage les oppositions culturelles plutôt que celles qui peuvent exister dans un système économique de plus en plus inégalitaire ».

De fait, l’oligarchie politico-médiatique a une lecture partielle – et partiale – de la thèse du géographe. Dans l’hebdomadaire Marianne qui a lui également consacré un important dossier dans son précédent numéro, le député PS Razzi Hammadi (celui qui parle comme la racaille…) se refuse à établir une différence entre banlieues et France rurale et associe les populations issues de l’immigration et les Français de souche victimes de la mondialisation. Sur RTL, ce 18 septembre, la chroniqueuse Alba Ventura regrette à son tour que Christophe Guilluy oppose la France périphérique et la France des banlieues, établissant une hiérarchie des abandons et craint que le livre ne soit « mal compris ».

Et pourtant, c’est bien l’intelligentsia boboïsante qui ne comprend pas, ou plutôt se refuse à comprendre ce qu’écrit Christophe Guilluy, et pour cause, ses logiciels idéologiques ne peuvent intégrer que le petit Blanc qui habite Mortagne-au-Perche soit davantage à prendre en considération que Fatimata, résidente de La Courneuve…

À la tribune de l’Assemblée nationale le 16 septembre, Manuel Valls, lors son discours de politique générale, en a fait une démonstration flagrante lorsqu’il a tonné encore une fois contre la « stigmatisation des populations en les ramenant constamment à leurs origines, à leur religion », affirmant « ne plus tolérer ces propos, ces actes, notamment contre l’islam » ou lorsqu’il a magnifié l’immigration qui est « une chance, une opportunité, un dynamisme pour notre pays ».

La France périphérique, celle qui se sent abandonnée parce qu’on lui dénie son identité, celle qui pratique le « white flight» en fuyant les grandes villes, pas seulement parce qu’elle en est chassée par les prix de l’immobilier, mais parce qu’elle refuse de vivre dans des quartiers africanisés, a bien compris qu’elle n’a rien à attendre d’une classe politique qui ne l’écoute pas et se refuse à la voir. C’est pourquoi, comme le démontre toutes les enquêtes d’opinions, elle continuera à mettre son bulletin FN dans l’urne ou se réfugiera dans l’abstention.