Indépendance de l'Ecosse : large victoire du Non au référendum

Indépendance de l’Ecosse : large victoire du Non au référendum

19/09/2014 – EDIMBOURG (NOVOpress)
Le résultat est tombé comme un couperet, net et sans bavure. Le Non a largement été victorieux hier jeudi 18 septembre lors du référendum visant à l’indépendance de l’Ecosse : 55,3 % des suffrages exprimés. Malgré des sondages qui avaient il y a quelques jours indiqué la victoire du Oui, l’Ecosse restera une province, certes avec beaucoup de pouvoirs locaux, du Royaume-Uni, et ce depuis trois siècles et la fin de son indépendance.

Les électeurs (le scrutin ne concernait que les résidents en Ecosse) ont donc fui l’aventure et la possibilité de vivre dans une nation libre et indépendante. Cependant si l’on prend certains éléments-clés, on se rend compte de certaines “fractures” identitaires et sociales au sein de la société écossaise. Fractures qui déterminent le vrai clivage autour du oui et du non à ce référendum.

Ainsi, ce qui ressort de beaucoup d’analyses est que ce sont les électeurs âgés qui ont voté Non, par volonté égoïste de conserver leurs privilèges de baby-boomers,et les jeunes Oui. Résultats édifiants : 71% des 16/17 ans ont voté Oui et 73% des plus de 65 ans ont voté Non. A noter que les classes populaires écossaises ont elles aussi largement voté pour le Oui.

De plus, comme le fait remarquer Philippe Vardon : “TOUS les résidents en Écosse pouvaient voter, alors même que les Écossais habitant en-dehors de l’île (la Grande-Bretagne, note de Novopress) ne le pouvaient pas. D’après cet article, sur les 500.000 Anglais vivant en Écosse les 2/3 voteraient non. Il est probable que le “Yes” à la souveraineté de l’Écosse soit en fait majoritaire dans la population “écossaise de souche” (à l’exception des retraités, sans doute davantage touchés par les arguments pseudo-économiques du “no”). Une élection volée ? Peut-être, et aussi une leçon pour le SNP qui se refuse à définir clairement ce qu’est un Écossais. Comme quoi, quand on ne pense plus qu’à la souveraineté et qu’on oublie l’identité…”

En effet, le SNP (Parti national écossais, celui du Premier ministre d’Ecosse Alex Salmond, qui vient d’annoncer qu’il démissionnait de cette fonction et de son mandat de chef du SNP. Démission effective en novembre prochain) a commis la même erreur que le Parti québécois en 1995 lors du dernier référendum pour la souveraineté du Québec : absence totale d’une définition de ce qu’est un Québécois de souche, immigrationnisme, réduction de l’indépendance à la question économique, etc.

Les partisans du Non à l’indépendance écossaise ont justement su se servir de la question économique pour retourner les électeurs. Les compagnies pétrolières, les banques, même le FMI, ont fait du chantage à la ruine économique, alors que les partisans du Oui expliquaient qu’il était temps que l’Ecosse profite de ses richesses. Argument qui a donc fait mouche, et ce d’autant que les partisans du Oui ne remettaient pas en cause l’appartenance de l’Ecosse à l’Union européenne et à l’Otan. Un risque économique incompris par les électeurs, notamment les plus âgés. Alors qu’il fallait faire vibrer la transcendance et l’identité écossaise, qui a montré qu’elle n’était qu’en dormition, malgré les trois siècles de la fin de l’indépendance…

Cette identité en dormition qui a voulu donner une indépendance à sa nation est peut-être sonnée par cette victoire du Non, mais en tout cas elle apparaît comme un signal positif pour tous les militants de l’identité et de la liberté des peuples européens. Au-delà des Basques, Bretons, Catalans, et Flamands qui ont largement soutenu la campagne du Oui, hier, en Ecosse, se sont retrouvés (photo de Une) militants de Génération identitaire et Matteo Salvini, le secrétaire général de la Lega Nord (allié de Marine Le Pen au Parlement européen). Une victoire du Oui, malgré toutes les limites du SNP, aurait en effet été l’étincelle mettant le feu à la plaine…

Arnaud Naudin

Crédit photo Une : DR