Le Tour d'Europe à pieds disponible en livre numérique le 21 septembre

[Mise à jour] Le Tour d’Europe à pied disponible en livre numérique le 21 septembre

01/10/2014 – Mise à jour – Le livre, au format numérique, est désormais disponible à l’achat au prix de 3,99 € à cette adresse : tourdeurope.over-blog.com/2014/09/notre-livre-enfin-disponible.html


18/09/2014 – PARIS (NOVOPress)
Le 21 septembre, Fanny Truilhé et Mathilde Gibelin mettront à disposition sur leur blog le livre électronique de le Tour d’Europe à pieds entre 2009 et 2010.

Dans l’avant-propos, elles reviennent sur ce tour d’Europe :

Le 21 septembre 2009, nous partions pour un tour d’Europe à pied sur les traces des légendes européennes. Nous nous étions promis d’écrire le récit de nos aventures. Après plusieurs essais infructueux avec des éditeurs et de longs mois de flottement, nous avons décidé de tenir notre promesse ! Voici donc notre récit, uniquement numérique pour l’instant. Veuillez par avance excuser les éventuelles fautes de syntaxe ou d’orthographe, nous n’avons pas bénéficié de relecture professionnelle. Mais malgré ces maladresses, nous espérons qu’en lisant les paragraphes alternés de l’une et de l’autre, vous sentirez la bonne odeur du feu de bois, les crampes après une longue journée de marche, la joie d’un bon repas avec des hôtes inattendus. Cinq années exactement après notre départ, nous vous souhaitons une bonne lecture et nous vous donnons un dernier conseil, qu’aujourd’hui encore, nous ne regrettons pas d’avoir suivi : surtout, n’hésitez pas, lancez-vous à l’aventure !

Ci-dessous, des extraits publiés avec l’aimable autorisation de Fanny Truilhé et Mathilde Gibelin.


24 septembre 2009, aux Rousses, 20 kilomètres. Mathilde

Quel bonheur que cette journée ! Ce poids que j’avais sur les épaules depuis le départ du Ventoux s’envole enfin. Je sens moins mon sac et l’esprit léger je grimpe, je respire, je pense. Le paysage y fait beaucoup, nous sommes en montagne, dans les Alpes. S’élever physiquement en altitude aide à se sentir mieux, on ressent un sentiment de plénitude : plus on monte, plus c’est dur, plus on persévère, mieux on se sent! « Mens sana in corpore sano » comme disaient ces fous de romains.

Henri Vincenot a écrit : “Marche, marche, tu verras”, c’est exactement ce que je ressens : on prend conscience de notre corps, de ce qui nous entoure.
Allongée dans mon sac de couchage, je repense à ce petit vieux à qui nous demandions de nous raconter une légende du coin :

Ben j’sais pas moi…
– Mais vous êtes d’ici ?
– Ben oui, mais j’sais pas…demandez aux jeunes…

Quel paradoxe! Comment les jeunes pourraient-ils avoir connaissance d’un héritage s’il ne leur a pas été transmis ? C’est tragique une société sans transmission, si à chaque génération on doit tout reprendre à zéro, on n’est pas au bout de nos peines !

Nous nous endormons non loin de là, dans un pré. Au-dessus de nos têtes, nous entendons les fées de Chabrières chuchoter, elles qui tricotaient des nuages pour faire de l’ombre aux bergers et ont laissé tomber leurs aiguilles en entendant l’orage gronder, formant ainsi ces pics rocheux qui veillent sur nous ce soir…”

4 novembre, Radicofani, 40 kilomètres. Mathilde

Encore 40 kilomètres aujourd’hui… je suis fatiguée. Nous continuons à nous lever à 6 heures du matin, certains disent que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais je suis du soir moi! Et je râle contre Fanny qui met si tôt le réveil… la vie à deux exige des concessions. Nous ne prenons le petit déjeuner qu’à 10 heures aujourd‘hui, n’ayant plus rien dans nos sacs… ça commençait à « bécher sec dans c’tte affaire » selon notre expression favorite, signifiant que nous avons faim !

A 16 heures, nous nous apercevons que nous ne sommes qu’à mi-chemin entre le petit déjeuner de ce matin et l’étape de ce soir… Nous accélérons le pas, la nuit tombe si tôt maintenant…nous montons sur une route déserte, à travers un paysage magnifique. Le soir est noir, comme il peut l’être les jours de gros orages, le vent souffle fort, nous sentons nos jambes lourdes, mais ce temps électrique nous transcende et nous avalons les kilomètres. Il fait nuit noire maintenant. A chaque détour de la route, j’espère apercevoir enfin les lumières de la ville. Les virages n’en finissent plus, les panneaux indicateurs qu’on éclaire à la frontale sont trompeurs, ils annoncent 8kms pour Radicofani, mais ça peut tout aussi bien être 5 que 12 : du simple au double. Si en voiture quelques kilomètres de différence avec la réalité n’ont pas d’importance, à pied, le surplus est de trop !”

9 février 2010, Patzmanndorf, 30 kilomètres. Fanny

La nuit a été longue et pénible : mes adducteurs me font souffrir au point de m’empêcher de dormir. Quand enfin le mal se calme, c’est le froid qui me réveille, pourtant bien couverte, je dois me coller à Mathilde. Immédiatement, je sens sa chaleur qui se communique par le côté du corps et irradie partout, je retrouve le sommeil.

Au réveil, je me rends compte que l’endroit par lequel je laisse dépasser mon nez pour respirer est trempé. Le froid engourdissant tout, nous mettons un peu de temps à émerger. La paroi de la tente est trempée elle aussi, il a fait humide cette nuit. C’est une acrobatie que de s’habiller à deux dans un espace aussi réduit dont il ne faut pas toucher les parois
mouillées.

12 mars 2010, Schwarz, 30 kilomètres. Fanny

Cette nuit il a neigé, Mathilde me l’a confirmé car elle est sortie aux feuillées, tandis que moi, je me suis fiée au crépitement de la neige sur la toile de tente. Lorsque j’ouvre l’auvent, effectivement, tout est blanc alentour.
Aujourd’hui, nous avançons difficilement. Nous faisons des détours autour des nombreux lacs de la région et surtout, nous avançons mal à cause de la fatigue, du froid et de la pluie.

A midi, nous entamons une nouvelle cartouche de gaz, un mélange de propane et de butane qui cartonne ! Qui cartonne en tout cas plus que les cartouches grecques que nous avions encore avec nous et qui ne sont remplies que de butane simple.

Les œufs au plat à l’huile d’olive sont un régal ! Ça faisait longtemps que nous n’en avions pas mangés. Nous déjeunons dans une sapinière, détrempée. Des arbres sombres et bas nous protègent un peu de la pluie, mais leurs branches laissent s’écouler de grosses gouttes qui viennent s’écraser sur nos mains, dans notre cou et même dans la gamelle.

L’atmosphère est lourde, humide, froide et nous avons faim ! Nous faisons abstraction de notre environnement et, quand la chaleur de la nourriture glisse dans le gosier, nous avons l’impression que le soleil revient ! Ce réconfort est de courte durée, mais c’est toujours ça de pris !
L’après-midi passe aussi lentement que la matinée. Je pense toujours à l’année prochaine dans ma tête. A mon chez moi, mon foyer doux et chaud. 10 mois c’est long… j’ai l’impression de ne plus avoir d’autre sujet en tête que celui du retour … je ne me lasse pourtant pas du tour d’Europe, de la marche ou des paysages, mais je ne trouve pas d’autre fil de pensée … peut-être devrais-je lire davantage.