Confiance à Valls : le minimum syndical (Présent 8190)

Confiance à Valls : le minimum syndical (Présent 8190)

18/09/2014 – PARIS (NOVOPress) – On ne peut s’empêcher de penser comme l’a suggéré Marine Le Pen que les soi-disant frondeurs ont avant tout pensé au confort douillet de leur fauteuil du palais Bourbon, méprisant l’intérêt supérieur de la nation. Où sont en effet leur courage et leur honneur ? Tous les frondeurs potentiels ne se sont pas abstenus.

Confiance à Valls : le minimum syndical (Présent 8190)Et même deux députés proches d’Arnaud Montebourg ont voté la confiance : Patrice Prat et Arnaud Leroy. Néanmoins la majorité brinquebalante et relative – « C’est le service minimum » a ironisé Gérard Longuet – augure de lendemains difficiles pour le gouvernement au Parlement. Le Premier ministre en costume bleu comme en avril (si c’est sa couleur porte-bonheur, il devrait en changer) a rallié 269 voix (contre 244 et 53 abstentions), soit bien en dessous du seuil des 289 voix de majorité absolue. Les députés lui avaient accordé 306 voix (contre 239 et 26 abstentions) le 8 avril dernier après sa première déclaration.

Si une grande majorité de socialistes et de radicaux de gauche ont voté la confiance, 31 frondeurs du groupe PS et les écologistes se sont abstenus, comme annoncé dès mardi matin, tandis qu’élus UMP, UDI et du Front de gauche ont voté contre. Une femme député PS s’est par ailleurs trompée en votant pour alors qu’elle souhaitait s’abstenir…

Le journaliste du Figaro rapporte cet échange à l’Assemblée entre deux portes entre le « légitimiste » Christophe Borgel et le « frondeur » Pascal Cherki :

— « Tu sais qu’à force, on finit par casser la cruche… »

— « De toute façon il n’y a plus d’eau dedans. »

« Vos jours sont comptés »

Après une rentrée calamiteuse, entre crise gouvernementale fin août, indicateurs économiques et financiers dans le rouge, chômage au plus haut, brûlot de Valérie Trierweiler, affaire Thévenoud et un Hollande qui chute si profondément qu’il va finir par trouver du pétrole, ce score apparaît comme un revers politique de plus. Il ne manquera pas de nourrir la conférence de presse de rentrée de François Hollande jeudi. Dans son discours Valls a d’ailleurs confirmé qu’il n’avait rien d’autre à proposer qu’une aggravation de la politique actuellement menée.

Il a tenté de se montrer offensif vis-à-vis de Bruxelles et de l’Allemagne (mais qui espère-t-il convaincre ?) et a protesté contre la « provocation » et la « surenchère » des propositions du Medef. Deux déclarations censées plaire à une aile gauche du PS qui se détourne du Premier ministre. La coprésidente des députés écologistes Barbara Pompili a redit leur « doute » à l’égard de Manuel Valls, après les espoirs douchés en cinq mois, qui leur a valu de basculer du soutien à l’abstention. Le patron des députés Front de gauche, André Chassaigne, a vu dans le discours une « déclaration de défiance à l’endroit du peuple » alors que la politique « austéritaire » se poursuit, selon lui.

« Vous n’êtes déjà plus le pare-feu d’un Président en perdition, car après cinq mois à Matignon, vous êtes usé comme lui jusqu’à la corde », a lancé Christian Jacob le chef de file des députés UMP à Manuel Valls, ajoutant :

« Vos jours sont comptés. »

Et s’ils étaient remis démocratiquement entre les mains des Français, ils seraient terminés aujourd’hui même.

Caroline Parmentier

Crédit photo : Claude Truong-ngoc, via Wikipédia, (cc).


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