Faits & Documents n°381 du 1er au 15 septembre 2014 - Portrait : François Rebsamen

Faits & Documents n°381 du 1er au 15 septembre 2014 – Portrait : François Rebsamen

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 1er au 15 septembre 2014 vient de paraître, avec (entre autres) un portrait de François Rebsamen, apparatchik socialiste et ministre du Travail, “de l’Emploi et du Dialogue social”.


Faits & Documents n°381 du 1er au 15 septembre 2014 - Portrait : François Rebsamen

Faits & Documents n°381 du 1er au 15 septembre 2014 – Portrait : François Rebsamen

Depuis toujours, le duc de Bourgogne, considéré comme le « bras armé de François Hollande », rêvait de la place Beauvau mais Manuel Valls a retoqué ce protégé du président de la République, préférant conserver de fait le ministère de l’Intérieur en y parachutant le bien pâle Bernard Cazeneuve. Le haut représentant des loges (il est un pilier du Grand Orient de France) a dû se contenter d’un beau portefeuille quand même, celui de ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social et figurait en huitième place des ministres par rang protocolaire.

François Rebsamen est un fonctionnaire territorial et apparatchik socialiste né le 25 juin 1951 à Dijon (Côte-d’Or). Libération (15 mai 2003) indique que son père était « alsacien » et « fonctionnaire protestant » et sa mère, une « catholique de Perpignan ». Le Huffington Post (2 avril 2014) le décrit comme issu d’une « famille “prolo” du côté du père, un ouvrier alsacien devenu directeur commercial d’une société dijonnaise, et “bourgeoise” du côté de la mère, femme d’origine catalane dont le père chirurgien devint notable de Dijon […] Pendant la Seconde guerre, le père passe de Mulhouse à Bâle et devient Suisse pour échapper au sort des “malgré nous”, Alsaciens incorporés de force dans la Wehrmacht, avant de s’installer à Dijon. François Rebsamen a hérité du passeport suisse (de son père). » À noter que ce type de naturalisation rapide en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale devait être très rare.

François Rebsamen a toujours été d’une extrême discrétion sur ses origines familiales, puisqu’il ne fait pas figurer au Who’s Who les noms et prénoms de sa mère ou de son père, ce qui a alimenté les hypothèses les plus extravagantes, souvent reprises par les médias. Notant qu’« on n’en saura guère plus : l’homme protège jalousement sa vie privée », Le Point (8 septembre 2011) indique quand même : « François Rebsamen a eu un grand-père qui l’a précédé à la mairie de Dijon. Le professeur Agron, le père de sa mère, radical-socialiste, a en effet siégé comme conseiller municipal pendant le Front populaire, seule époque avant 2001 où la ville fut dirigée par la gauche. » Aujourd’hui Wikipedia indique, sans mise au point de l’intéressé, que « François Rebsamen est le fils d’Eric Gottfried Rebsamen, né à Stuttgart le 9 janvier 1917 et décédé à Dijon le 19 février 1974 (NDA : fils lui-même d’Ernst Rebsamen, cuisinier suisse au restaurant Lugano de Mulhouse), directeur commercial, qui s’installe à Dijon où il épouse la fille du professeur Edouard Agron ».

Un flou artistique sur ses origines familiales, que François Rebsamen entretient, sa version personnelle de ces données étant systématiquement relayée par les journalistes. À l’origine, semble-t-il, c’est Rivarol (31 mai 2002) qui devait lever un étrange lièvre. Dans un article intitulé D’un Rebsamen l’autre (qui ne fut jamais poursuivi par la famille Rebsamen), on apprenait qu’un certain « Erich Rebsamen » fut « très connu à Dijon » durant l’Occupation allemande. Il s’agissait d’un Allemand, né à Stuttgart en 1917, mais naturalisé Suisse, qui était arrivé en novembre 1939 à Dijon pour y occuper le poste de mécanicien puis de (…)

Lire la suite : abonnez-vous à Faits & Documents, Lettre d’informations confidentielles d’Emmanuel Ratier – Abonnements France métropolitaine : 78 euros / an. Abonnements étranger et outre mer : 93 euros / an. En savoir plus : www.faitsetdocuments.com – crédit photo : Jastrow via Wikimedia (cc)