Emmanuel Macron : un « champagne socialist » à Bercy - Par Contribuables Associés

Emmanuel Macron : un « champagne socialist » à Bercy – Par Contribuables Associés

31/08/2014 – PARIS (via Contribuables Associés)
« Si l’on comprend que le socialisme n’est pas un programme de partage des richesses, mais est en réalité une méthode pour consolider et contrôler les richesses, alors le paradoxe apparent de ces hommes fortunés qui promeuvent le socialisme n’est plus du tout un paradoxe. »

Arnaud Montebourg « out », Emmanuel Macron « in » ! Le changement de ministre à Bercy peut sembler être une bonne nouvelle, tant Montebourg a marqué son passage au gouvernement par sa soif de dépenses publiques. Mais est-ce si sûr ?

On prend (presque) les mêmes, et on recommence !

Comme nous l’avions prévu, le remaniement ministériel a consisté en un simple jeu de chaises musicales. Exit l’étatiste Arnaud Montebourg, certes, mais Michel Sapin, pas réputé pour être un grand ami des contribuables, est toujours ministre des Finances et des Comptes publics, c’est-à-dire des dépenses et des impôts.

La nomination d’Emmanuel Macron en remplacement de Montebourg à l’Économie est la seule surprise de ce remaniement. L’arrivée à Bercy d’un ancien banquier d’affaires chez Rothschild est vue par l’aile gauche du Parti socialiste et ses alliés d’extrême-gauche comme un « mauvais signal ».

Macron a pourtant plusieurs attributs de mise à rassurer les socialistes : énarque puis inspecteur des Finances, il était depuis l’élection de François Hollande le secrétaire général adjoint de l’Élysée. Membre du PS dès ses 24 ans, il avait soutenu Hollande lors de la primaire socialiste de 2011, puis lors de l’élection présidentielle de 2012. En 2010, il était rapporteur sur la mondialisation à la Fondation Jean Jaurès (le père du socialisme français).

Alors, y a-t-il une contradiction entre cet engagement à gauche et les fonctions de banquier d’affaires qu’il a occupées chez Rothschild de 2008 à 2012, et qui lui ont permis de devenir millionnaire ? Y a-t-il une incohérence entre ses fonctions dans un gouvernement socialiste et son appartenance, en 2007, à la « Commission pour la libération de la croissance française » ? Ou avec sa participation (comme Montebourg du reste) au programme des « Young Leaders » de la French -American Foundation, en 2012 ? Ou cette année au groupe de Bilderberg, qui prône le libre-échange mondial ?

Emmanuel Macron correspond en réalité à ce que les Anglo-Saxons appellent un « champagne socialist ». Loin d’être une contradiction au logiciel socialiste, le champagne socialist en est plutôt l’application si l’on en croit l’essayiste américain Gary Allen, qui écrivait en 1972 ceci au sujet notamment de Rockefeller (traduction par nos soins) :

« Si l’on comprend que le socialisme n’est pas un programme de partage des richesses, mais est en réalité une méthode pour consolider et contrôler les richesses, alors le paradoxe apparent de ces hommes fortunés qui promeuvent le socialisme n’est plus du tout un paradoxe. Au contraire, le socialisme devient logique, et même l’outil parfait de mégalomanes dans leur quête du pouvoir.

Le socialisme n’est pas un mouvement des masses opprimées, mais de l’élite économique. »

Une démonstration qui fait écho à celle d’Alain Mathieu dans son livre Le Modèle antisocial français (2008). Le président d’honneur de Contribuables Associés y prouvait, chiffres à l’appui, que l’État-Providence ne bénéficie pas tant aux personnes modestes auxquelles il est officiellement destiné qu’à ceux qui le contrôlent, et en tirent pouvoir, richesse et prestige.

Source : Contribuables Associés.

Crédit photo : dpotera, via Flickr, (cc).