Démission du gouvernement : Valls purge comme au temps de l'URSS - par Gabriel Robin

Démission du gouvernement : Valls purge comme au temps de l’URSS – par Gabriel Robin

26/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
Depuis quelques jours les voix discordantes s’élévent contre l’action du president François Hollande, et les orientations prises par le gouvernement dirigé par Manuel Valls.

Cécile Duflot, dans son livre a qualifié Manuel Valls de “mec de gauche qui tient des discours de droite” et François Hollande de “président de personne”, on ne peut lui donner tort mais elle oublie qu’elle est restée deux ans au gouvernement et a été responsable, selon certains experts, de 7.500 pertes d’emplois dans le secteur de la construction (loi ALUR).

Vinrent ensuite les tours de membres du gouvernement ; Benoît Hamon, ministre démissionnaire de l’Education nationale, s’est déclaré pas loin des “frondeurs socialistes”, à la suite d’Arnaud Montebourg, ministre de l’économie, lequel n’a pas hésité à critiquer les orientations générales de son gouvernement, jugeant la politique économique “trop austère” et partiellement (voire totalement) inféodée à celle de la droite allemande. Peut-être fallait-il s’en apercevoir avant, mais la soupe devait être bonne pour la caution souverainiste du gouvernement… Arnaud Montebourg n’est d’ailleurs pas allé au bout de sa critique, car la politique menée est celle de l’Union européenne et non simplement celle de la “droite allemande”. Les choix sont concertés, François Hollande et Manuel Valls se soumettent de bonne grâce aux visées allemandes, tant par idéologie que par habitude.

Le Premier ministre fit déclarer hier, par l’intermédiaire de son entourage qu’“une ligne jaune a été franchie dans la mesure où le ministre de l’Economie ne peut pas s’exprimer dans de telles conditions sur la ligne économique du gouvernement et sur un partenaire comme l’Allemagne”.

Lundi 25 août 2014, un communiqué présentant la démission du gouvernement est tombé, le binôme Hollande/Valls n’a donc pas tardé à agir pour réprimer les récalcitrants et les “frondeurs”. Plus d’indiscipline dans les rangs, François Hollande commence à comprendre qu’on ne peut diriger la France comme une assemblée générale du Parti Socialiste, la synthèse est impossible et il a fait son choix : une politique social-libérale voulue par Bruxelles et la finance qu’il entendait pourtant combattre en 2012 !

Le jeu politique général sera aussi désormais plus facilement lisible. Cette orientation acte l’émergence prévisible d’une France divisée en trois grands blocs idéologiques de plus ou moins grandes importances : un bloc de gauche incarné par les frondeurs (peut-être dirigé par Arnaud Montebourg), la gauche de la gauche et une partie des verts ; un bloc du centre allant de Valls à l’UDI en passant par le courant Juppé de l’UMP ; et enfin, last but not least, un grand courant de droite gaullo-bonapartiste et souverainiste représenté principalement par le FN et pouvant aller jusqu’à l’aile droite de l’UMP.

Dans ce contexte trois mesures s’imposent pour préserver la démocratie : démission de François Hollande, dissolution de l’assemblée nationale et proportionnelle intégrale.

Crédit photo : guerric via Flickr (cc)