UE : le casting coince (Présent n°8147)

UE : le casting coince (Présent n°8147)

17/07/2014 – PARIS (NOVOpress) – C’est râpé ! Alors que les dirigeants européens pensaient avoir, dès jeudi 17 juillet, les noms des principaux membres de la commission européenne, pilotée par le fraîchement désigné Jean-Claude Juncker (à droite sur la photo, avec Mario Monti), ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord dans leur choix.

UE : le casting coince (Présent n°8147)Y aurait-il du rififi au Parlement européen ? De l’eau dans le gaz ? Ce qui est sûr c’est que l’euphorie n’est pas au rendez-vous, et que nombre de dirigeants ont du mal à cacher leur déception : la vie n’est pas aussi simple que prévu ! Après l’élection éclair de Juncker, l’ancien Premier ministre luxembourgeois devenu le nouveau président de la Commission européenne, le 15 juillet dernier, ils pensaient certainement que la constitution d’une équipe pour l’épauler et notamment les nominations de diverses personnalités aux hauts postes – comme la présidence du Conseil européen ou la direction de la diplomatie de l’Union européenne – ne serait qu’une formalité. Une de plus. Eh bien non, puisque cela chipote sec en coulisses. Pas facile de faire plaisir à tout le monde.

Chaque pays entend bien sûr placer ses pions sur l’échiquier européen afin de servir au mieux ses intérêts. Avoir quelqu’un de chez soi dans l’organe exécutif de l’UE ça peut toujours servir. La politique commune oui, si l’on peut faire comme on l’entend. D’où la difficulté de trouver les perles rares qui plairont à tout le monde. A commencer par Juncker, qui veut qu’on le laisse tranquille pour constituer son équipe. Chacun y va de son souhait, la liste pour le Père Noël s’allonge et les jours passent. François Hollande a commandé une femme pour la diplomatie européenne, question d’image. De gauche bien sûr. Angela Merkel ne fait pas de souhait, elle délibère : pour elle, c’est “automatique”, la diplomatie doit revenir à la gauche. A droite, on ne manque pas non plus de candidats pour ces postes. Bref, les appelés sont nombreux, mais le nombre des élus restreints. Il va donc falloir replancher sur ces noms le 30 août prochain, lors du conseil extraordinaire… pour “trouver une solution consensuelle sur l’ensemble du paquet” des membres. Consensus, quand tu nous tiens !

Pourtant, tout avait commencé le mieux du monde avec l’ “élection”, si l’on peut dire, de Jean-Claude Juncker. Pensez donc, avec un seul candidat pour un poste, c’est le rêve ! C’est ça la démocratie à l’européenne… Une bonne grosse farce sur laquelle est revenu Nigel Farage, à la tête du Ukip, le parti britannique eurosceptique. Au lendemain de la nomination de Juncker, dans un discours flamboyant dont il a le secret, il a constaté que la montée des eurosceptiques n’aura pas changé grand-chose au sein de l’institution. Juncker a en effet clairement montré qu’il voulait une centralisation toujours plus grande des pouvoirs au sein de l’Europe, et qu’il ne tenait absolument pas compte de l’avis des Etats membres. La preuve la plus éclatante est l’observation qu’il avait faite avant la tenue du référendum en France, concernant l’adhésion à la constitution européenne : “Si c’est un oui, nous dirons allons-y ; et si c’est un non, nous dirons continuons.” Bref, on prend les mêmes et on recommence.

Anne Isabeth

Crédit photo : Zinneke, via Wikipédia, (cc).


En partenariat avec le quotidien Présent – Chaque jour, retrouvez sur Novopress la Une du quotidien Présent ainsi qu’un article sélectionné par la rédaction et mis gratuitement à votre disposition. Seul quotidien de réinformation, Présent est unique dans le paysage médiatique français. Contribuez à abattre le mur de la bien-pensance et du médiatiquement correct, lisez et faites lire Présent ! Abonnez-vous !