D’un 14 juillet l’autre… (Présent N° 8140)

D’un 14 juillet l’autre… (Présent N° 8141)

D’un 14 juillet l’autre… (Présent N° 8140)Le 14 juillet 1958 : 6 000 Français musulmans défilent à Paris. Le 14 juillet 2014 : on met leurs bourreaux à l’honneur.

Lors du 14 juillet 1958, l’armée française, qui ne présageait pas, hélas, la trahison gaulliste, voulut marquer le coup en mettant à l’honneur les Français musulmans qui se battaient pour le droit à la ressemblance.

Sur les Champs-Elysées, aux côtés des troupes les plus prestigieuses, 4 000 anciens combattants français musulmans, vétérans des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, défilèrent sous les vivats de la foule, avec 2 000 jeunes Français musulmans, tous fils de France.

Cette présence massive avait pour but de « montrer l’attachement définitif de l’Algérie à la France ». Un mois plus tôt, à Alger, De Gaulle, connétable du déclin, Charlesbagne du mensonge et de la duplicité, avait déclaré : « A partir d’aujourd’hui, il y a en Algérie dix millions de Français à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs ».

Forts de cet engagement solennel, les Français d’Algérie votèrent massivement pour la nouvelle Constitution. Ils élirent 70 députés. Dont 46 Français musulmans. L’Assemblée nationale choisirait pour vice-président le Bachaga Saïd Boualem, officier français dont les hommes avaient laminé le FLN dans l’Ouarsenis. L’Algérie française, qui allait s’en mordre les doigts, vota à 96 % pour la Constitution (contre 79,2 % en métropole).

Le 14 juillet 1958, le président Coty avait fait arrêter sa voiture pour venir saluer ces Français musulmans qui, au péril de leur vie et de celle de leurs familles, avaient choisi la France. Un geste fort. Le geste d’un chef d’Etat.

Aujourd’hui, près de soixante ans plus tard, ce sont les descendants des bourreaux des Français musulmans, des harkis, des pieds-noirs, toutes origines et toutes confessions confondues, qui seront à l’honneur sur les Champs-Elysées. Avec le drapeau vert du FLN. A l’honneur, aussi, les descendants des bourreaux Viet-Minh dont les camps de la mort ont emporté des milliers des nôtres.

J’ai, sous les yeux, le programme officiel de ce 14 juillet de la honte et son chapitre consacré aux 76 nations mises à l’honneur. De “A” comme Afrique du Sud (avec un drapeau qui n’existait pas en 1914) à “V” comme Vietnam (communiste). Un panel genre “Benetton United Colors” de l’ensemble des drapeaux qui seront place de la Concorde (notre illustration).

Nombre de ces pays n’existaient pas en 1914 (ni même bien plus tard, au-delà des années soixante-dix). Pour certains, comme le Bénin, le Burkina Faso, Djibouti, la Moldavie, le Monténégro, etc., c’est anodin (bien qu’anachronique). Pour deux autres, qui furent des ennemis, c’est une insulte à nos morts. L’Algérie FLN n’est apparue qu’en 1962. Le Vietnam communiste, constitué en tant que tel, n’apparut qu’en 1975.

Les drapeaux de ces deux pays, et leurs représentants, et leurs porte-drapeaux, paraderont devant la tribune officielle qui leur rendra donc les honneurs. Avec des officiers supérieurs qui se mettront au garde-à-vous et salueront les emblèmes de l’Algérie fellouze et du Vietnam rouge qui ont sur les mains le sang de nos soldats et de nos compatriotes. Si ça ne les dégoûte pas, si aucun d’entre eux ne bronche, s’ils préfèrent la gamelle à l’honneur, que voulez-vous dire de plus ?

Alain Sanders


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