[Lu sur Internet] L'UMP n'est plus - par Gabriel Robin

Violette, la fête des sarkozystes. Rouges, les comptes de l’UMP (Présent 8140)

07/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi (5/7), quatre jours après la mise en examen de leur grand homme et la prestation télévisée de ce dernier, les sarkozystes se sont donc précipités à La Ferté-Imbaut (Sologne), à la seconde Fête de la violette, organisée par la droite forte de Geoffroy Didier et de Guillaume Peltier.

Des militants espérant le retour d’un Sarkozy « qui regardera bien à droite et non à gauche (…). On veut lui dire : on t’aime, mais on t’aime quand tu es à droite. On ne veut pas de la droite molle de Baroin ou de NKM ». Des militants entretenus dans leur dévotion par plusieurs orateurs, dont Brice Hortefeux : « Ne vous laissez pas avoir, il n’y a pas d’affaires, il n’y a que des épisodes que le pouvoir voudrait faire durer le plus longtemps possible ».

Une du n° 8140 de "Présent"

Une du n° 8140 de “Présent”

Mercredi soir, en « politisant ses ennuis judiciaires » avec le culot et le talent qu’on lui connaît, Nicolas Sarkozy a donc eu raison ? Raison de dénoncer, toujours entre vérité et mensonges, selon son habitude, une cabale ourdie contre lui ? Sans doute. Sa contre-attaque victimaire a fonctionné pour reconquérir le cœur de l’électorat UMP, qui connaissait ces dernières semaines quelques faiblesses : quinze points de moins. Une défaillance surmontée par sa prestation télévisée : « 78 % des sympathisants UMP souhaitent qu’il se représente en 2017. Et 68 % à la présidence de l’UMP ». 32 % de ses anciens électeurs demeurent néanmoins hostiles à son retour. Et seuls « quatre Français sur dix » souhaiteraient sa candidature en 2017. Une défiance à l’égard de l’ancien président de la République partagée par l’ensemble de la presse étrangère et que résumait bien l’éditorialiste du Financial Times : « Le président bling-bling parviendra peut-être à laver son nom. Mais il n’est pas fait pour le job ». Avis partagé aujourd’hui par la majorité des cadres de l’UMP.

80 millions de dettes

Avec les comptes de cette dernière nous passons de la timide violette au rouge incandescent. Selon certaines informations, la dette du parti avoisinerait les 80 millions d’euros et l’UMP ne serait même plus en mesure de régler ses échéances bancaires. Informations que confirmera sans doute l’audit rendu ce mardi 8 juillet. « Le train de vie de la maison Copé » a également été mis sur la sellette par les auditeurs, qui ont calculé que l’ancien président de l’UMP avait dépensé, l’an dernier, « 27 000 euros de billets d’avion, dont 24 000 rien que pour ceux de son épouse, Nadia ». Voyages, voyages…

Les cadres du parti palpaient également de confortables émoluments. Selon Le JDD, « Si Eric Césari , directeur général de l’UMP, perçoit 12.500 euros mensuels brut », les salaires des collaborateurs de Jean-François Copé ne sont pas en reste. Ils tournent en moyenne autour des 8.500 euros mensuels. On apprend au passage que par le passé, l’UMP, qui n’était pas seulement une vache à lait pour les affidés de Bygmalion, a « même payé le réveillon de son président et de sa famille dans un Center Parcs ».

Le nouveau directeur général du parti, le diplomate Philippe Gustin, remplaçant du sarkozyste Eric Césari, serait même déjà prêt à jeter l’éponge. Il s’attendait à trouver une situation catastrophique. Mais pas à ce point…

Pour Hollande, plus belle la vie

Un éditorialiste allemand, analysant les déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy et les déconvenues financières du parti dont ce dernier veut reprendre la présidence, commentait : « Marine Le Pen a de la chance ». Bien vu. Mais pour l’instant, cette chance profite aussi à François Hollande, en train de remonter dans les sondages. Et pourtant…

La réforme territoriale, que Manuel Valls qualifiait de mère des batailles ? En train d’être détricotée, maille après maille, par les parlementaires. « Une réforme arbitraire, bureaucratique, conçue à la hâte après une déroute municipale », analysait un sénateur en colère, pour qui « Les Français sont pour une réforme territoriale, mais contre celle proposée par le gouvernement ».

La grande réforme de Vincent Peillon sur les rythmes scolaires ? Sous la pression des parents d’élèves, des enseignants et des municipalités, Benoît Hamon cherche à changer subrepticement le tempo des quatre jours et demi. Attention : il ne recule pas. Il aménage.

La loi Duflot sur le logement social ? Une catastrophe immobilière. 20 % de chute en un an du nombre de permis de construire. Et 37 340 investisseurs fuyant le marché… Le chômage ? Toujours en hausse : il vient de franchir la barre des cinq millions (officiels) de sans-emploi. Le déficit public ? La Cour des comptes nous apprend qu’il dérape de plus belle. Avec une dette extérieure atteignant désormais les 2 000 milliards.

Dans son propre camp le chef de l’Etat se trouve en butte aux corporatismes revendicatifs de la CGT : intermittents du spectacle, SNCF, SNCM (Société nationale maritime Corse Méditerranée)…

Le pacte de responsabilité (pour la compétitivité et la croissance) ? Il se délite lentement, mais sûrement. Et la conférence sociale qui vient de s’ouvrir lundi au Palais d’Iéna avec les leaders syndicaux et patronaux s’annonce comme un ratage supplémentaire…

Mais, en « une » des médias, Nicolas Sarkozy estompe par son tapage les échecs de la gauche. Sarkozy et ses affaires, à tous les étages. Sarkozy en plein tangage mais se lançant néanmoins à l’abordage d’une UMP au bord du naufrage… Une aubaine d’escamotage inespérée pour un François Hollande en plein potage… Un épisode qu’il va s’efforcer, comme le redoute Hortefeux, faire durer le plus longtemps possible.

Jean Cochet

Crédit photo Une : DR


 


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