Irak : entre Etat fantomatique et cynisme américain

Irak : entre Etat fantomatique et cynisme américain

05/07/2014 – BAGDAD (Novopress via Bulletin de réinformation)
Depuis la Seconde Guerre du Golfe, le pays est miné par d’incessantes divisions entre les Kurdes, les Sunnites, et les Chiites partisans du pouvoir central. Quant aux djihadistes de l’EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant), ils ont annoncé dimanche le rétablissement du califat. Lors de la première séance du Parlement, lundi dernier, les députés sunnites et kurdes ont quitté l’hémicycle, rendant impossible l’élection d’un président.

Alors que l’Etat irakien se montre incapable de faire régner un semblant d’ordre, on a dénombré pour le seul mois de juin 2 400 morts, dont 1 500 civils. On sait par ailleurs, que les Américains n’ont pas l’intention d’intervenir en Irak, si ce n’est pour protéger leurs intérêts, essentiellement les puits de pétrole.

Mais le premier ministre irakien, le chiite Nouri-al-Maliki (photo avec Obama), a proposé hier une mesure de clémence…

Le premier ministre irakien a en effet décidé d’amnistier toutes les personnes impliquées dans des menées subversives contre l’Etat. A la condition que la personne ait « repris ses esprits » et ne soit pas un meurtrier. Cette position conciliatrice est surprenante de la part d’un ministre réputé pour son sectarisme et son mépris de la communauté sunnite du pays. On peut cependant douter de l’efficacité d’une amnistie accordée par un Etat qui n’a pas encore de gouvernement et dispose de peu de crédit.

Dans un appel publié mercredi dernier, Monseigneur Sako, patriarche de l’Eglise  chaldéenne, dénonce la situation dramatique de la communauté chrétienne d’Irak.

Face à l’avancée des insurgés djihadistes, les chrétiens ne peuvent en effet guère compter sur la protection du gouvernement chiite. Pour la quasi-totalité d’entre eux, le choix se résume au tristement célèbre « La valise ou le cercueil », une formule inventée et appliquée à la lettre par le FLN algérien entre juillet et septembre 1962, trois mois qui virent la fuite éperdue d’un million deux cent mille Français et Européens d’Algérie. L’histoire ne fait que se répéter, et elle pourrait bien un jour se répéter de ce côté-ci de la Méditerranée…

Crédit photo : Spc. Kimberly Millett, USA, via Wikipédia, domaine public.