Parlement européen : quand les eurosceptiques jouent les trouble-fête (Présent 8138)

Parlement européen : quand les eurosceptiques jouent les trouble-fête (Présent 8138)

03/07/2014 – BRUXELLES (NOVOpress)
Une chose est sûre : comme l’a déclaré Marine Le Pen, « la vie ne sera pas un long fleuve tranquille pour les eurobéats » du nouveau Parlement européen.

Alors que ce nouveau Parlement européen a réélu sans surprise (mais sans faire le plein des voix : 409 sur les 612 suffrages exprimés) mardi son président sortant pour deux ans et demi, le social-démocrate Martin Schulz, les forces anti-européennes, arrivées en force dans le nouveau Parlement avec 100 élus contre seulement une poignée dans le sortant, ont exprimé dès ce mardi leur rejet de « leur » Europe.

Une du n° 8138 de "Présent"

Une du n° 8138 de “Présent”

Dès l’ouverture de la première session, elles ont tourné le dos au moment où l’hymne européen (la 9ème symphonie de Beethoven) a résonné dans l’hémicycle. « Nous ne reconnaissons pas et ne respectons par le drapeau ou l’hymne européen, qui sont deux symboles de notre servitude dans une UE que le peuple britannique rejette », a alors déclaré le député Paul Nuttell.

De quoi ulcérer l’eurodéputée libérale française Sylvie Goulard qui, qualifiant les eurosceptiques d’« individus sans vergogne », a estimé sur Twitter que « rejeter la fraternité ne fera pas avancer les choses ».

Rebelote dans l’ulcération et les mots doux mercredi lors du premier débat entre pro-européens et eurosceptiques, qui entendent bien jouer les trouble-fête.

Une procédure qui passe mal

Mercredi, donc, les europhobes et les eurosceptiques, grain de sable et poil à gratter du nouveau Parlement, ont critiqué la désignation de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission (l’exécutif européen). Plus que l’homme, ils ont dénoncé la procédure.

Pour la première fois, en effet, les grandes familles politiques avaient désigné, avant le scrutin, leurs candidats pour le poste. Une méthode critiquée et boycottée par les eurosceptiques, connue sous le terme allemand de spitzenkandidaten. Un passage en force et une façon de faire qui n’est pas inscrite dans les traités européens. Résultat : si les pro-européens béats y voient un « progrès pour la démocratie », les anti critiquent, eux, une évolution néfaste vers un « super-Etat européen ».

D’où un échange de mots doux et de quelques noms d’oiseau entre les deux camps. Notamment entre le député écologiste belge Philippe Lamberts et le Britannique Nigel Farage, acteur majeur de la force montante europhobe et chef du mouvement UKIP, qui prône le retrait britannique de l’UE.

Dialogue évocateur de l’ambiance

« Que faites-vous ici, Monsieur Farage ? Vous parlez comme un leader d’opposition à la chambre des Communes. Faites-vous élire là-bas », a lancé Philippe Lamberts.

Réponse de Nigel Farage : « Vous sonnez comme quelqu’un de la période communiste, pour qui les points de vue différents relevaient de la maladie mentale (…) mais vous allez devoir vous faire à l’idée que les eurosceptiques sont plus nombreux dans ce Parlement qu’ils ne l’ont jamais été. » Et d’ajouter, en faisant référence au référendum de retrait de la Grande-Bretagne de l’UE, attendu en 2017 : « Mais ne vous faites pas trop de souci au sujet de ma présence, car dans cinq ans, je ne serai plus ici ».

Tout ça à deux semaines du vote définitif (à bulletins secrets) sur la nomination de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission, le 16 juillet.

Pierre Malpouge

Photo Une : Le parlement européen de Bruxelles, situé dans l’Espace Léopold, au dessus de la Gare de Bruxelles-Luxembourg. Crédit : Oscar Franzén via Wilipédia (cc)


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