Affaire Vincent Lambert : « Ils ont voté la mort » (Présent 8132)

Cette phrase à valeur éternelle est tombée comme le tranchant de la guillotine. Les grands esprits du siècle ont condamné à mort Vincent Lambert. Une mort atroce par déshydratation et inanition. Réactions bien sûr applaudies par les tricoteuses des médias. « Tu vas pouvoir enfin être en paix » ! Quelle paix d’une mort que tout être humain ne peut que refuser ? Que dire ?

Affaire Vincent Lambert : « Ils ont voté la mort » (Présent 8132)

Affaire Vincent Lambert : « Ils ont voté la mort » (Présent 8132)

Coup de téléphone. « Docteur, mon fils Vincent a été privé d’eau et de nourriture. Il meurt à petit feu. Qu’est-ce que je puis faire ? Il est en coma-pauci relationnel. » Pauvre femme, elle pleure ! Ma réponse est très simple. « Madame, un coma pauci-relationnel, cela n’existe pas. Par définition le coma est la cessation de toute vie de relation. On est en train d’achever votre enfant. » Le lendemain, une autre personne me demande si je ne connais pas un avocat capable de défendre la vie de ce garçon. Connaissant Jérôme Triomphe, je donne ses références. Le jeune avocat ne se laisse pas impressionner. Il envoie la police dans le service. Vincent est provisoirement sauvé. Le premier magistrat qui aura à traiter l’affaire considère que la loi Léonetti sur la fin de vie n’a pas été respectée. Celle-ci prévoit explicitement que l’entourage doit être impliqué dans une telle décision. Mais la grande lacune de cette loi ayant bêtement satisfait les évêques de France était que l’hydratation et l’alimentation étaient des soins relevant de la thérapeutique. Boire et manger sont-ils pour les juges un traitement ? Nous sommes donc tous des malades. La position de l’Église sur la question définie par Pie XII était que, dans tous les cas, l’acharnement thérapeutique n’était pas justifié. En revanche, les soins ordinaires devaient être assurés. Donner à boire à une personne, mourante ou non, tenait de la plus élémentaire aide devant être accordée à tout homme.

Or Me Triomphe eut beau jeu de souligner que Vincent Lambert ne recevait plus de traitement mais simplement le geste de charité de recevoir de l’eau et du pain. De plus, les parents n’avaient pas été prévenus et les médecins ne s’étaient pas concertés avec la famille comme ils le devaient. Enfin, contrairement à ce que dit la femme de l’intéressé, il n’y a aucune preuve que celui-ci avait formellement donné des indications prévoyant l’arrêt des soins au cas où il aurait été incapable de manifester sa volonté. C’est bien l’épouse de Vincent qui va porter l’estocade, peut-être pressée de refaire sa vie. L’horreur étant donnée par un des neveux parlant de « dignité » qu’avait perdue Vincent dans cet état. Au nom de quoi ce jeune blanc-bec peut-il décider que la vie du malade était indigne ? Or ce sont sur ces deux arguments qu’a basculé le Conseil d’État en faveur de la condamnation à mort.

Mes pensées iront d’abord aux parents de Vincent Lambert. « Vous avez lutté avec courage. Merci ! Vous avez mené le bon combat. Devant le Grand Juge, vous pourrez vous présenter avec honneur, la tête haute. Les assassins auront aussi leur lot. » Ensuite nous pensons aux plusieurs milliers de personnes qui sont dans la même situation que Vincent. La jurisprudence les condamne aussi à la mort. La chasse est ouverte. Terrifiant !

Dans la nuit, on apprenait que la Cour européenne de justice prenait en charge le cas Lambert. Une petite lumière d’espoir luit encore doucement.

Dr Jean-Pierre Dickès


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Crédit photo : franklinheijnen via Flickr (cc)