« Tyrannie de la putain », tribune de l'universitaire Anatoly Livry

« Tyrannie de la putain », tribune de l’universitaire Anatoly Livry

Anatoly Livry est philosophe et homme de lettres, auteur de quatorze livres parus à Paris et à l’étranger, lauréat de trois prix internationaux, russes et américain, helléniste publié depuis 2003 par le Bulletin de l’Association « Guillaume Budé » – géré par l’actuel directeur de la faculté d’Études Grecques de Paris IV-Sorbonne, Alain Billault – et germaniste dont les découvertes ont vu le jour chez l’éditeur berlinois de Nietzsche « Walter de Gruyter ». L’œuvre d’Anatoly Livry ainsi que des évènements de sa vie sont entrés dans des programmes universitaires, analysés lors de conférences internationales et publiés par l’Académie des Sciences de Russie. Anatoly Livry, de nationalité suisse, docteur de l’Université de Nice-Sophia Antipolis et victime de l’acharnement administratif du Ministère français de l’enseignement, est par ailleurs auteur de la pétition pour la NON-reconnaissance des diplômes et titres universitaires français en Suisse.

« Criton, dit-il, qu’on ramène cette femme à la maison. »
Platon, Phédon

Grèce antique, que d’immondices ont été commises en ton nom ! Combien de camps d’extermination furent fondés par le socialisme international afin d’atteindre ta chimérique égalité civique ? Combien de casaques professorales furent tournées afin d’accéder à l’Institut, passage initiatique obligeant l’exaltation d’une « démocratie » qui aurait été la gloire de l’héritage hellène (avant que les apparatchiks tout puissants ne se rendent compte que Thucydide, avec son meilleur ennemi Périclès, étaient tellement « racistes » qu’il fallait absolument les chasser de la doxa de l’URSS bruxelloise) ! Mais évidemment, l’ancestral patrimoine indo-européen est gaillardement profané : les idéologues haïssent le savoir, nuancé et inégalitariste par excellence, soucieux qu’ils sont de flatter ce mélange de perversité et de stupidité prétentieuse des foules diplômées d’Europe que certains persistent à nommer « civilisation ». Or, en fin de compte, ce magma « humain » de l’Ouest a rompu tout lien avec la volonté formatrice des ethnies dotées de l’instinct créatif – leurs propres ancêtres ! –, devenant alors aisément malléable par des commissaires politiques, lesquels, quant à eux, ont parfois joui d’une parcelle d’une παιδεία pourtant consciencieusement sacrifiée et corrompue sur l’autel de la « culture de mort » et sont, à ce titre, doublement dangereux.

Nous assistons depuis deux décennies à une indiscutable fuite en avant civilisationnelle engendrée par un phénomène de totale plèbeisation des Indo-Européens occidentaux via leur asservissement par l’image, souvent mouvante, de leurs pseudo-élites agitées par une frénésie d’autophobie ainsi que par une méconnaissance de leurs racines, couple de fléaux quasi identique aux maux essentiels des white trashs ou à ceux de ces allogènes excités tant par le dieu sémite que par le ressentiment racial que les « anti-racistes » autochtones avaient inculqué à leurs pères. Le symptôme essentiel de ce cancer de l’esprit se manifeste par un élan acharné par-delà des frontières qui leur semblent inexistantes, précipitation qui ne va pas sans des soubresauts, lesquels sont naturellement précieux à analyser non pour des oncologues optimistes (car ces malades sont définitivement incurables et toute une génération doit disparaître avant que l’on puisse retenter une nouvelle fournée), mais pour des archives dont l’examen pourrait prévenir nos hypothétiques descendants de la même future fureur suicidaire. Les dernières limites à abolir avant que les âges obscurs de l’Occident ne commencent sont, nous le savons depuis que d’autres empires furent anéantis par la perversité, celles entre le masculin et le féminin, – même en énonçant cette banalité, je suis conscient de mettre le mâle devant la femelle.

Or, pour improviser sur l’interprétation des indices de l’agonie occidentale, je me suis rendu dans l’un de ces nombreux espaces de promotion de la mort de l’être humain que constituait l’exposition de l’Antikenmuseum de Bâle « Wann ist man ein Mann ? », interrogation faussement hébétée dans sa perfidie. Après avoir visité cette immondice, j’ai attendu exprès que celle-ci soit terminée pour en parler afin de ne faire aucune réclame de ce ramassis de manipulations, cet « événement » faussement scientifique étant organisé par des prétendus « spécialistes » de la Grèce antique qui ont fait de l’unique origine de notre Occident – je parle du paganisme dorien – une des plaques tournantes des précurseurs du « sexisme à l’envers » contemporain.

Observons donc ensemble les objets à premier abord « grecs » que ces doctrinaires exposent à l’appui de leur vengeance envers l’homme et qui devraient être originaires, annoncent-ils, d’Athènes entre 550 et 330. D’emblée, l’on remarque une supercherie : les pièces exposées ne sont pas accompagnées, comme à l’accoutumée dans les musées, d’informations relatives aux dates et aux personnages ; on les arrache de leur contexte et se contente de vagues descriptions murales englobant la totalité des objets présents dans la pièce. Ainsi, la copie d’une fameuse sculpture d’Hermaphrodite est quasi annoncée comme étant celle du premier travesti occidental – sans, bien évidemment, qu’il ne soit consigné qu’il s’agit d’une divinité enfantée par les dieux, laquelle, mâle à l’origine, est devenu ainsi à cause l’amour excessif d’une femme, autrement dit la reconstruction olympienne d’un androgyne platonicien, tentative vers la surhumanité. En effet, les curateurs mélangent sans scrupule les dieux et les humains, violant ainsi jusqu’à la Weltanschauung même de l’univers qu’ils prétendent analyser. Ainsi, Dionysos serait pour eux une « femme », une sorte de précurseur des invertis du Marais, puisque, toujours pour eux, à la base, il ne serait qu’un simple « homme ». Pas une seule mention évidemment des hypostases bestiales de cette divinité, nettement plus significatives dans les sources antiques, ou de ses représentations viriles de Praxitèle, davantage connues.

Puis, dans la mesure où l’on vise à abrutir un peu plus un visiteur déjà passablement étourdi depuis quelques générations, les responsables de l’Antikenmuseum « oublient » leur désir annoncé de se limiter à la période allant du VIe au IVe siècles athéniens et, pour prouver à tout prix la doctrine commercialisable actuellement, des copies romaines du IIe siècle de l’ère chrétienne, venues soit des Pouilles soit d’Apulie, se retrouvent avec nonchalance dans cette exposition, le visiteur-complice, ou la victime de la méthode globale, n’étant pas censé remarquer la supercherie. Or, la pédérastie honnie par les plus grands penseurs païens, à commencer par l’éducateur à succès de la mafia sicilienne Platon, ainsi que par les chrétiens de l’époque romaine et leurs antagonistes – souvenons-nous que même les derniers néo-platoniciens au pouvoir invectivèrent les « Galiléens », ou tout autre de leurs contradicteurs, par le terme de « sodomite » [ex. Lettre de l’empereur Julien au sénateur Nilus, Ep. 82 Bidez] – est présentée comme un fait civique commun, voire acclamé, de l’Antiquité. Mentionnons une autre pièce qui étale, sous l’affiche « boire, chanter, jouer de la musique », des personnages féminins, visiblement grandes musiciennes, qui s’adonnent à des actes présentés comme ordinaires à un groupe d’écoliers alsaciens amenés là pour être éduqués à la « tolérance » (bien que les établissements bâlois pour cela se trouvent habituellement de l’autre côté du fleuve). L’on oublie alors de souligner qu’une flutiste apparaissant dans un texte grec, sur un tableau, dans une sculpture ou sur une fresque de cette époque est vue communément comme une prostituée professionnelle. Dès lors, les grands spécialistes, honnêtes organisateurs de ce digne étalage à l’Antikenmuseum, offrent au public dieux de l’Olympe et déchets humains sur le même plateau d’égalité, à l’instar, par exemple, de cette Athéna qui, à en croire ces curateurs qui se sont infiltrés dans ce musée helvétique, serait non pas l’« Intelligence divine » [Plat, Cratyle, 407 b] d’une civilisation mâle (une – si on se fie à l’Iliade – « Vierge hostile à Aphrodite » qui, précise Callimaque, punissait de cécité un simple regard humain sur sa nudité – Tirésias en sait quelque chose – et proclamait ouvertement chez Eschyle ses préjugés sur les personnes du sexe : « j’approuve les hommes en tout et de tout cœur,/ sauf pour me marier. Je suis tout à fait pour le père,/ je n’ai pas égard à la mort d’une femme/ qui a tué son mari, le maître de la maison. »), mais une stupide femelle contemporaine qui, pour donner libre cours à la vengeance de son insatisfaction, enfilerait un uniforme d’adjudant en chef. Et bien sûr, est présent un haut-relief représentant des amazones combattant des Grecs et il est signalé au visiteur, déjà versé dans les postulats du dogme dominant, qu’il s’agit de la première lutte féministe contre l’« oppression masculine », en omettant naturellement de préciser que lesdites amazones étaient, dans l’imagination hellène, des monstres aussi inhumains que des centaures ou des cyclopes. Tout cela, les organisateurs s’en moquent, évidemment : leurs « amazones » chéries seraient non pas des créatures cauchemardesques, mais les premières lesbiennes féministes pratiquant l’insémination artificielle pour la production exclusive de montres qui leur soient semblables. Combien, dès lors, d’« hellénistes » authentiques poursuivent leur œuvre parmi nous ! Quel héroïsme antique ! Quelle ouverture d’esprit !

Les sculptures hellènes – rendues orphelines par la folie tyrannique qui s’acharne à les esclavagiser en les sortant de leur contexte et en les mélangeant à des publicités anglo-saxonnes du XXe siècle qui seraient censées « prouver » aux Wilamowitz osseuses et sans poitrine en jean la même chose que les copies de Lysippe – sont là pour laisser entendre aux éducateurs de la future humanité que la seule préoccupation d’un philosophe occidental doit désormais être la préparation d’un futur Moyen-Âge, avec ses îlots d’une culture lumineuse dans un océan de barbarie, configuration de notre continent qui est du reste amplement souhaitable. Le déchainement d’une puissance allogène, animée par un dieu vengeur et étranger, à travers l’Europe prostituée par des féministes du sexe masculin et féminin, serait son ultime issue salvatrice. En effet, nous avons dressé des légions occidentales de femelles à peine humaines, rancunières et sans enfant et leur avons permis de pénétrer les sommets politiques, académiques et médiatiques. Ces prostituées ratées qui n’ont pas réussi à trouver un acheteur et qui, mues par l’arrogance (et bloquées dans leur incapacité d’admettre leur fiasco de femme-marchandise), s’acharnent elles-mêmes à se travestir en client ne s’arrêteront pas avant la pétrification totale d’un Occident dont il ne nous serait possible de sauvegarder le cœur – préservant cette discrimination nette de l’humain ! – qu’en le précipitant dans un conflit pan-européen, transnational, transreligieux, unique stratégie qui cependant ferait rentrer les « genres » à leur place.

Anatoly Livry