Tabassage d’un jeune rom : signe des temps barbares

Tabassage d’un jeune rom : signe des temps barbares

Les sociétés multi-ethniques sont par essence multi-conflictuelles. Le tabassage en règle de Darius, jeune rom de 16 ans soupçonné de cambriolages, illustre crûment cette réalité que s’acharne à nier le « camp du bien », depuis trop longtemps au pouvoir. Tout comme l’arrivée massive de migrants chaque jour à Lampedusa (et les drames humains des deux côtés qui l’accompagnent) est de leur responsabilité directe, cette ignoble agression est aussi la leur.

Darius a été retrouvé à demi mort, abandonné dans un caddie de supermarché, non loin de chez lui, près de la route Nationale 1, aux abords de Pierrefitte-Sur-Seine dans le département de la Seine-Saint-Denis. Une photographie du jeune garçon, glaçante, circule depuis avant-hier sur le web. La presse, s’appuyant sur les propos de Sylvie Moisson, procureur de Bobigny, évoque comme motif des représailles faisant suite à des vols dans la Cité des Poètes (sic), soulignant que le conflit n’était pas réductible à un « antagonisme entre deux communautés » et « souhaitant éviter toute stigmatisation ». Evoquant les agresseurs, elle parle d’un « groupe d’un nombre indéterminé de jeunes », probablement des Charles-Edouard et des Pierre-Emmanuel… Pas d’amalgames ! Tout va bien dans le meilleur des mondes !

Plusieurs réflexions peuvent être apportées à l’analyse de cette affaire.

D’abord, nous assistons dans certains quartiers au retour de la justice privée, conjointement à un mépris de plus en plus affirmé pour la vie des membres extérieurs à ces groupes très soudés. Cela s’explique par l’abandon de pans entiers du territoire, l’état ne rentre plus dans certaines zones organisées autour du trafic de drogue et de solidarités ethnico-religieuses.

Ensuite on peut noter que rien n’est fait pour freiner l’immigration rom, gênante, mais abusivement (et à peu de frais) montrée du doigt par toute la classe politique. Peut-être est-il plus aisé de dénoncer une population unanimement détestée que d’agir réellement sur la fracture ethnique, culturelle et religieuse qui frappe notre pays ? Les roms, pour pénibles qu’ils soient, n’agressent pas physiquement et n’ont pas de volonté conquérante. Le problème pourrait être réglé en limitant et circonstanciant leurs déplacements sur le territoire français et européen. Ils resteront nomades, tel est leur mode de vie depuis qu’ils ont fui l’Inde il y a plusieurs centaines d’années.

Dernière réflexion, l’agression raciste ignoble d’une jeune fille française d’origine européenne à Evry n’a suscité aucun commentaire dans les grands médias, elle n’était pourtant pas moins choquante que l’affaire présentée ici.

Pour finir, je laisse à votre réflexion un poème de Michel Houellebecq, intitulé « L’Art Moderne » :

Impression de paix dans la cour
Vidéos trafiquées de la guerre du Liban
Et cinq mâles occidentaux
Discutaient de sciences humaines

Gabriel Robin

Image en Une : Attila et ses hordes d’Eugène Delacroix. Crédit photo : The Yorck Project, via Wikipédia, domaine public.