Européennes : quand un maire socialiste sortant partage les analyses du Front national

Européennes : quand un maire socialiste sortant partage les analyses du Front national

20/04/2014 – PESSAC – (NOVOpress via Infos Bordeaux) – Jean-Jacques Benoît (au milieu sur la photo), le maire socialiste sortant de Pessac (département de Gironde, 59.000 habitants) publie sur son blog un article intitulé « Séisme en vue sur l’Europe ».

Celui qui a longtemps été un proche d’Arnaud Montebourg fait la liste de toutes les trahisons de l’Union Européenne et de la commission de Bruxelles, reprenant les arguments du Front national, dans un texte à l’esprit très éloigné des thématiques de campagne du Parti socialiste :

« Comme si nous étions encore dans les années 80 ou 90, où la construction de l’Europe s’accompagnait de la promesse de « l’Europe sociale », chère à F. Mitterrand ou J. Delors. Qui ose en parler aujourd’hui, à l’heure des politiques d’austérité et de l’euro trop fort ? L’Europe sociale a disparu des discours. Comme si « l’Europe » avait respecté la volonté du peuple français du référendum de 2005, alors que le Traité de Lisbonne reprend nombre de dispositions du projet de Constitution, sauf la partie monétariste (…) Cette Europe en construction apparaît souvent plus dangereuse que protectrice (emploi, immigration, concurrence), plus lointaine que proche avec un système démocratique compliqué, et peu soucieuse des intérêts stratégiques du continent ( divergences entre nations européennes en Afrique, sur l’Ukraine ou en Syrie, sur la Chine ou la Russie …). La France se sent dépossédée d’elle-même (monnaie et système bancaire, frontières, patrie, travail, immigration, sécurité, famille), et la crise qui traîne en longueur ajoute à cette réalité-impression du déclin français, qui s’accompagne d’un leadership allemand visible. Pour mettre en place cette Europe ordolibérale à direction politique allemande de fait (et qui évolue comme telle avec le soutien de bien des pays comme la Suède, les pays baltes, les Pays Bas, et d’autres qui y trouvent leur intérêt final comme la Pologne ou la Grande-Bretagne), les élites de chaque pays demandent à leurs différents peuples de se conformer peu ou prou à ce modèle. Au mieux c’est une illusion, au pire un forçage dont les différentes nations ne voudront pas finalement. La réorientation de l’Europe n’a pas eu lieu, les politiques d’austérité balaient les pays, et on nous vante les plans d’épuration des déficits de le la Suède, de l’Irlande, de la Grèce, de l’Espagne ou du Portugal, comme d’inévitables obligations de gestion. C’est par l’alliance entre nations européennes que l’Europe peut progresser dans la voie de la croissance et de contreparties sociales indispensables. Nous n’en sommes pas là malgré la promesse réitérée des différents sommets et Traités des années 1970 à 2005 ».

Jean-Jacques Benoit conclut que la commission européenne suscite « les réactions de rejet de toutes politiques européennes ». Il ne lui reste plus qu’à démissionner d’un parti politique qui a participé à la mise en œuvre de « cette Europe » et dont le candidat officiel à la commission (Martin Schulz) est la caricature même de ce qu’il dénonce.

Crédit photo : DR.