Ukraine : une autre politique est possible pour les nations européennes de l’Ouest et de l’Est

Ukraine : une autre politique est possible pour les nations européennes de l’Ouest et de l’Est

16/05/2014 -PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
Mardi soir, la fondation Polemia organisait un forum consacré aux enjeux identitaires et géostratégiques de la révolution en Ukraine. Philippe Christèle a animé un débat avec les journalistes Pierre‑Alexandre Bouclay et Christophe Dessanti, spécialistes du monde slave.

Ils ont rappelé les origines de la révolution de 2014

A l’origine immédiate de la crise, la proposition de l’Union européenne de conclure avec l’Ukraine un accord d’association. Cet accord était incompatible avec la coopération militaire entre l’Ukraine et la Russie : il aurait vraisemblablement conduit à terme à une adhésion de l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN. C’est le revirement brutal du président Ianoukovitch en décembre dernier qui a mis le feu aux poudres.

La contestation populaire animée par une minorité nationaliste héroïque a eu raison de son gouvernement

Ce, dans des circonstances troubles et sans que la Russie ne soutienne Ianoukovitch. Le résultat est édifiant : l’Ukraine est divisée et affaiblie, l’Europe de l’Ouest a révélé son impuissance à contrôler la situation, la Russie sauve les meubles, mais voit son image se dégrader ; les Etats‑Unis remplissent le vide laissé par les Européens.

Un fossé semble s’être creusé entre Européens de l’Ouest et Russes

Ce fossé existe surtout entre la Russie et son « proche étranger ». Il sanctionne la « politique du knout », dont la Russie est familière à l’endroit de ses anciens Etats satellites. La Russie n’a par exemple pas développé de politique de séduction en Ukraine et n’a pas réussi à promouvoir son développement économique. La diabolisation des prétendus nazis ukrainiens est symptomatique de cette incapacité de la Russie à créer des intérêts communs avec ses anciens vassaux.

A l’égard des Européens de l’Ouest, la Russie a bel et bien esquissé une politique de séduction, mais qui est aujourd’hui fragilisée

Pourtant, le débat s’est conclu sur l’intérêt commun des nations européennes, à savoir construire une Ukraine qui puisse être un trait d’union entre Europe de l’Ouest et de l’Est. Cela suppose que l’Union européenne cesse de s’aligner sur la politique de la tension mise en œuvre par les Etats‑Unis. Et que la Russie renonce à toute crispation impériale.