Alain de Benoist : "Le suicide de Dominique Venner fut à l'opposé de tout désespoir et de toute lâcheté"

Alain de Benoist : “Le suicide de Dominique Venner fut à l’opposé de tout désespoir et de toute lâcheté”

14/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi 17 mai à Paris aura lieu le premier colloque consacré à Dominique Venner “écrivain et historien au coeur rebelle”. Ce colloque se tiendra à la Maison de la Chimie – 28 bis, rue Saint-Dominique 75007 Paris -, à partir de 14h30. Les frais de participation sont de 10 euros. Attention, le nombre de places limités, il vaut mieux s’inscrire par le biais de cette billetterie. Des ouvrages de Dominique Venner seront en vente lors de ce colloque.

A cette occasion, Novopress a interrogé les intervenants de ce colloque. Aujourd’hui, Alain de Benoist. Propos recueillis par Romain Lecap.


Pourquoi ce colloque ? Était-ce la volonté de Dominique Venner ?

Ce colloque est organisé à l’initiative des amis de Dominique Venner, et plus spécialement de ceux qui ont travaillé avec lui durant les dernières années de sa vie dans le cadre de « La Nouvelle Revue d’histoire. Il marque le premier anniversaire de sa mort.

A qui s’adresse-t-il ?

Il s’adresse à tous ceux qui ont connu Dominique Venner, et plus largement à tous ceux qui l’ont lu et ont apprécié ses écrits. Mais pour ceux qui ne sont pas familiers de son œuvre, c’est aussi une occasion d’en apprendre plus sur lui.

Ce colloque intervient prés d’un an après le sacrifice de Dominique Venner. Avec le recul, quelle importance accordez-vous à ce geste ?

Il y a différentes sortes de suicide. Celui de Dominique Venner entre de toute évidence dans la catégorie des suicides sacrificiels. Les circonstances et le lieu de cette mort volontaire étaient propres à marquer les esprits. Il s’agissait pour Venner de porter témoignage et, en même temps, de faire en sorte que sa mort se situe dans la droite ligne de ce que fut sa vie. Comme celui de Yukio Mishima, le suicide de Venner fut à l’opposé de tout désespoir et de toute lâcheté. Il l’a dit lui-même quand il a expliqué sa décision de se sacrifier « pour rompre la léthargie qui nous accable », d’offrir ce qui lui restait de vie « dans une intention de protestation et de fondation ». Dans cette phrase, le mot « fondation » est évidemment celui qui compte.

Ce premier colloque correspond à la réédition du « Coeur Rebelle ». Pensez-vous que ce livre peut réellement toucher les jeunes Européens de 2014 ?

« Le Cœur rebelle » est le livre le plus personnel de Dominique Venner, celui dans lequel cet homme qui n’était guère porté à se mettre en scène a accepté pour la première fois de faire retour sur lui-même. Je suis convaincu que c’est une lecture qui parlera aux jeunes lecteurs d’aujourd’hui.

Sans dévoiler entièrement votre intervention, pouvez vous expliquer à Novopress sa teneur ?

Je parlerai de l’homme plus que de son œuvre. De l’homme tel que je l’ai connu pendant plus d’un demi-siècle, de l’importance qu’il donnait à la tenue, de la conception du monde qui était la sienne, de l’exemple qu’il a voulu donner.

Cette journée sera t-elle consacrée uniquement à la personne de Dominique Venner ou à son oeuvre au sens large ?

L’un et l’autre probablement.

Pourquoi ne pas évoquer la chasse, l’Europe, les armes, des thèmes chers à Dominique Venner ?

C’est en effet aux armes et à la chasse que, de 1972 à 1997, il a consacré la plus grande partie de son œuvre. On l’a un peu oublié aujourd’hui, malgré le succès de son superbe « Dictionnaire amoureux de la chasse » (2000). Ce thème pourrait fournir la matière d’un second colloque.