Le massacre d'Odessa, objet d'une couverture médiatique partisane

Le massacre d’Odessa, objet d’une couverture médiatique partisane

05/05/2014 – ODESSA (Bulletin de réinformation / NOVOpress) – La ville portuaire d’Odessa, en Ukraine, a été le théâtre d’un nouvel épisode sanglant. Vendredi dernier, une manifestation pour l’unité de l’Ukraine a dégénéré en bataille de rues. S’opposaient des partisans du gouvernement provisoire et des Ukrainiens russophiles, face à une police ukrainienne inerte. Attaqués par les extrémistes, ainsi que par des milices armées venues leur prêter main‑forte, les opposants au gouvernement de Kiev se sont retranchés dans un bâtiment. Pris pour cible par les cocktails Molotov, le bâtiment a pris feu, devenant pour eux un piège mortel. Au dernier bilan, 46 personnes, majoritairement des civils d’Odessa, ont péri, prisonnières des flammes, toutes les issues ayant été bouchées par leurs adversaires qui achevaient même ceux qui s’étaient défenestrés. Les images de ce massacre circulent sur Internet.

Pourtant, les médias des pays occidentaux ont été peu diserts

Quand ils s’en sont fait l’écho, c’était par euphémisme et avec mauvaise foi. Le résumé unanime de la presse française fut : « des dizaines de morts en marge d’affrontements à Odessa ». On en vient presque à insinuer que les victimes seraient responsables de leur sort. Récemment, un mensonge du New York Times a ainsi été démasqué. Cette propagande mensongère ne suffit plus à masquer la vérité. Le gouvernement provisoire de Kiev, soutenu par les forces atlantistes, souffre d’une illégitimité cruelle dans le pays. Malgré le référendum criméen de rattachement à la Russie et face à la menace séparatiste des provinces orientales, la junte de Kiev prétend mener à sa guise la transition constitutionnelle du pays. Les revendications des opposants ne se résument pas à une allégeance à la Russie, mais expriment aussi un désir fort de fédéralisme et d’autonomie, ces provinces orientales étant historiquement russes. La junte de Kiev les réprime pourtant au nom du sacro‑saint antiterrorisme.

Les puissances occidentales jouent donc avec le feu

Elles soutiennent un gouvernement révolutionnaire fondé sur une alliance improbable, associant pro‑européens libéraux, nationalistes ultras et mafieux… L’instrumentalisation de groupes extrémistes dotés de moyens d’action surprenants, s’ajoutant aux divisions profondes du pays ayant leur dynamisme propre, plonge l’Ukraine dans la guerre civile. Reste alors à savoir, comment se traduira l’attentisme de Poutine.