Pâques avec les Chrétiens Irakiens

SOS Chrétiens d’Orient : Pâques avec les Chrétiens Irakiens

04/05/2014 – BAGDAD (NOVOpress) – Jeunes, Français, Chrétiens. Les bénévoles de l’association SOS Chrétiens d’Orient avaient commencé par aller passer Noël en Syrie, ils viennent de passer Pâques avec les Chrétiens Irakiens.

Une communauté éprouvée, dont la situation était encore récemment jugée « catastrophique » par le nouveau patriarche chaldéen Louis Sako. Avant 2003, ils étaient plus d’un million à vivre dans le pays, ils ne seraient aujourd’hui plus que 400 000. Beaucoup on fui. La guerre d’abord, puis les persécutions. Certains sont morts aussi.

Monseigneur Sako, comme de très nombreux évêques, prêtre ou fidèles accusent la montée de l’extrémisme religieux : la valise ou le cercueil, c’est finalement le choix qui semble s’offrir à eux… Résultat, les plus aisés s’en vont vers l’Europe, les États-Unis, le Canada ou l’Australie, les autres restent, et beaucoup se réfugient au Kurdistan, région autonome dans laquelle la situation sécuritaire est incomparable au reste de l’Irak.

Tout y semble calme, seul les hommes armés aux portes des églises rappellent le danger du pays.

Les responsables de l’association savent que les liens sont déjà nombreux entre la France et ces Chrétiens persécutés, mais leur projet est nouveau. Leurs jeunes années et leurs moindre responsabilités leur permettent de prendre le temps et le risque d’aller sur place : apporter un soutien matériel, humain mais également la promesse de revenir et de témoigner de ce qu’ils ont vu ou entendu directement.

Ils sont partis avec 4 tonnes de jouets, de vêtements et de couvertures récoltés en France… « Vous n’imaginez pas notre joie de voir qu’il reste de vrais Chrétiens en Europe. Sa déchristianisation est une grande souffrance pour nous qui risquons la mort » encourageait Monseigneur Nona, archevêque de Mossoul, quelques jours avant le départ. Une ville que les Chrétiens sont également nombreux à fuir, et dont il avait pris la charge après l’assassinat de son prédécesseur…

Cette présence de jeunes occidentaux est un juste retour des choses…

« Nous sommes menacés parce que certains islamistes nous considèrent injustement comme les collaborateurs des Occidentaux, jugés chrétiens » explique tristement Danny. Il a 23 ans et étudie la médecine à Erbil, après avoir fuit Bagdad avec toute sa famille quelques années auparavant : « la situation était invivable et bien trop dangeureuse ». Danny pense à fuir « comme de très nombreux chrétiens ». Le Kurdistan est vivable, « mais pour combien de temps » s’interroge-t-il. « Au moins en Occident, l’avenir est sûr ».

Lorsqu’il apprend que la France compte 3000 mosquées, et que le gouvernement signe par ailleurs la destruction d’églises, son regard s’assombrit : « Je suis choqué, je voyais l’Europe comme un paradis pour Chrétiens. L’islamisation de l’Europe ne semble pas vous inquiéter alors même que vous laissez vos églises être déconstruites… Croyez-moi, même en Irak c’est impensable, nous ne laisserions jamais faire ».

C’est la faiblesse des Chrétiens qui l’inquiète « nous vivons avec des musulmans depuis des centaines d’années sans problème, le problème sont ces djihadistes : seule une forte identité permet de tenir, vous abandonnez la votre… »

Cette réaction est récurrente, la passivité française est mal comprise : « Nous souffrons mais nous savons pourquoi, nous savons qui nous sommes. Nous sommes Chrétiens et si nous devons mourir pour le rester, nous serons fiers. Un jour vous mourrez vous aussi, vous ne saurez même pas pourquoi… Notre martyr ne sert donc même pas à vous faire comprendre ? » déplore Hussein, un jeune Chrétien qui refuse de quitter l’Irak : « Ce pays est le nôtre, je ne fuirais pas, je me battrais pour le défendre ».

A la sortie de la messe de Pâques, Mariam offre quelques traditionnels gâteaux de Pâques et pose des questions sur la mission… Elle a 24 ans, s’apprête à se marier et travaille désormais à Erbil pour ne plus subir la pression de Mossoul. Lorsqu’elle découvre SOS Chrétiens d’Orient, sa réaction est immédiate : « Merci pour ce que vous faites pour les Chrétiens d’Orient, nous avons vraiment besoin de vous. Mais n’oubliez pas non plus ceux d’Occident ! Priez pour nous et défendez-vous ! Restons Chrétiens ! »

Crédit photo : © SOS Chrétiens d’Orient