Le vrai visage de Manuel Valls. Entretien avec Emmanuel Ratier

Le vrai visage de Manuel Valls. Entretien avec Emmanuel Ratier

28/04/2014 – PARIS (NOVOpress) – Le journaliste et écrivain Emmanuel Ratier, qui dirige la feuille d’informations Faits & Documents, vient de publier la première biographie non officielle de Manuel Valls, intitulée Le Vrai Visage de Manuel Valls. Travail exceptionnel, sourcé, mine de renseignements sur le nouveau Premier ministre, ce livre éclaire d’un jour particulièrement cru l’itinéraire de celui qui se verrait bien succéder à François Hollande et qui a menti depuis des années sur ses origines et son parcours politique… Novopress a souhaité interroger l’auteur.


Le vrai visage de Manuel Valls. Entretien avec Emmanuel Ratier

Le vrai visage de Manuel Valls. Entretien avec Emmanuel Ratier

Novopress : Emmanuel Ratier, bonjour, vous venez de publier un livre intitulé Le vrai visage de Manuel Valls. Pouvez-vous nous présenter ce livre ?

Emmanuel Ratier : Le Vrai Visage de Manuel Valls est la première biographie vraiment “non autorisée” de Manuel Valls et elle ne va pas plaire au Premier ministre. Il croyait sans doute pouvoir me poursuivre pour un supposé antisémitisme alors même que c’est le contraire. C’est lui qui, pendant 25 ans, a été l’un des élus socialistes les plus engagés et sans doute le député socialiste le plus engagé en faveur de la Palestine ; avant de se mettre au service de ceux qu’il appelait avant des “bourreaux”. Tout ce qu’il reproche à Dieudonné en matière d’antisionisme, Manuel Valls l’a dit… Ce n’est évidemment qu’un des éléments de cette biographie.

La trame c’est que Manuel Valls a réécrit entièrement son histoire : celle de ses ancêtres, de son grand-père paternel, de son grand-père maternel, de son propre père. Il n’a cessé de brouiller les pistes un jour ou l’autre. Un seul exemple : en 2005, il milite pour le non à la constitution européenne et finalement appelle à voter oui. Mieux, il se fend d’une tribune dans Le Monde intitulée : J’ai milité pour le non et je voterai oui. Quand on se souvient que c’est ce le non qui l’a emporté, cela s’appelle être doublement cocu. La biographie, qui va sans nul doute d’étoffer pour sa seconde édition, en raison du grand nombre de documents que l’on m’envoie, retrace toute sa carrière, ses engagement, ses alliances, ses ambitions, ses bavures, etc. On voit parfaitement la rouerie du personnage, ce double visage, quand on voit le Premier ministre se rendre au Vatican pour la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II alors qu’il a reproché le même comportement à François Fillon en 2011. Il faut quand même un certain toupet pour le faire (ce qui fait qu’il a été hué place Saint-Pierre) après l’incroyable répression qu’il a conduite contre les manifestants hostiles au mariages des paires (puisqu’il ne s’agit pas de couples mais de paires). Même les parlementaires européens et des organisations de défense des droits de l’homme se sont émues des véritables “rafles” effectuées en dehors de toute légalité. Ces provocations lui ont même valu le surnom de “Manuel Gaz”.

Vous présentez votre travail comme une réponse aux biographies hagiographiques consacrées à Manuel Valls et déjà parues. Pouvez-vous nous synthétiser les grandes lignes des mensonges qui servent la communication de l’actuel Premier ministre ? Notamment s’agissant de ses origines espagnoles et d’anciens engagements…

Le Vrai visage de Manuel Valls rapporte des dizaines de semi-mensonges, mensonges, palinodies et autres truquages historiques. Je crois que dans les vidéos qui circulent, on voit quand même la plus grosse d’entre elles : Valls expliquer que l’antisionisme c’est le fourrier de l’antisémitisme alors qu’il était lui-même antisoniste. Mais d’autres vidéos vont bientôt sortir pour illustrer ces mensonges… Et elles vont faire beaucoup de bruit, comme la première. Ce qui est sidérant, c’est le silence des grands, des gros médias. J’ai été approché par une dizaine de journalistes avant la sortie du livre, aucun ne m’a rappelé depuis. Personne ne m’a appelé pour me dire que le livre contient des erreurs. Ils ne le peuvent pas et c’est cela qui les gêne. Tous pensaient que j’allais m’engager dans une attaque qualifiée d’antisémite contre Manuel Valls. En réalité, je montre qu’il a menti en toute connaissance de cause à la communauté juive en ne présentant jamais aucune excuse pour son comportement passé et a soigneusement caché ce comportement “qui ne passe pas”. Mieux, je suis assuré que les dirigeants des organisations communautaires étaient parfaitement au courant et l’ont sciemment caché à leurs membres et militants. Alors que Closer et VSD avaient titré sur mon livre en annonçant qu’ils allaient juger sur pièce, c’est le calme plat, le grand silence. Je crois que c’est la stratégie de l’édredon qui a été adoptée et dictée par Matignon. Mais cela ne fonctionne plus : nous avons dépassé en trois jours les 250 000 vues sur internet. Et, comme je vous l’annonce, en exclusivité, nous dépasserons peut-être les trois millions de vues avec la prochaine vidéo.

Manuel Valls semble très préoccupé par son image et sa communication, à l’instar de Nicolas Sarkozy. Alors qu’en 2007, il fait un très faible score lors des primaires du parti socialiste et qu’en 2009 Martine Aubry voulait l’exclure du parti, Manuel Valls va-t-il se servir de son passage place Beauvau et à Matignon pour être un recours voire une nouvelle voie à gauche, comme Sarkozy entre 2002 et 2007 pour l’UMP ?

Manuel Valls ne joue que sur son image. Il n’a pas de fond. C’est un social-démocrate libéral mondialisé. Il ne faut jamais oublier que Nicolas Sarközy lui a plusieurs fois proposé d’entrer dans son gouvernement. Je pense qu’il espère être le candidate socialiste en 2017. Il pourrait, avec l’aval de François Hollande (qui pourrait ne pas se représenter), marginaliser le Front de gauche (qui va éclater entre PC et mélenchonistes) et rompre avec les pseudo-écologistes et proposer la botte à une partie des centristes et tenter de faire éclater l’UMP avec une partie qui accepterait de passer des accords de désistement (je ne parle pas d’alliance) avec le Front national et celle qui la refuserait. Une espèce de tentative désespérée de créer un gouvernement d’union nationale en cette période de crise de type blairiste ou à l’allemande. Mais je doute fortement que cela réussisse à fonctionner car son programme financier et économique n’est qu’un énorme bluff…

Emmanuel Ratier, merci.

Propos recueillis par Yves Lejeune

Voir aussi : vidéo de présentation réalisée par Kontre Kulture