Italie : Des religieuses refusent d’accueillir des clandestins galeux

Italie : Des religieuses refusent d’accueillir des clandestins galeux

26/04/2014 – CHIETI (NOVOpress) – Ouvrir sa porte aux frères migrants, oui, bien sûr, mais il y a des limites. Surtout quand la porte est vraiment la vôtre. C’est apparemment ce qu’ont pensé les Filles de l’Amour de Jésus et Marie, une communauté de religieuses fondée en 1980 par la Sœur Vera D’Agostino, et établie à Brecciarola, à côté de Chieti, dans les Abruzzes.

Les Filles de l’Amour de Jésus et Marie gèrent le « Village de l’Espérance », créé à l’origine pour les victimes du tremblement de terre des Abruzzes en 2009, et récemment transformé, à la demande de la Préfecture, en centre d’accueil pour les migrants de Lampedusa – qui débarquent désormais par flux ininterrompu et que le gouvernement italien cherche à répartir sur tout le territoire. Les religieuses reçoivent 30 euros par immigré et par jour. Les arrivées sont incessantes, puisque les « réfugiés » ont tendance à prendre la fuite sitôt installés. Comme l’explique avec philosophie la Sœur Ada, « responsable des relations avec la presse » du couvent, « un soir, nous les avions laissés dans les tentes, le matin ils n’étaient plus là. La police les a ramenés, puis ils se sont enfuis de nouveau ».

« Certains ont dit que l’Italie était le seul État à utiliser la force armée pour se faire envahir. On a parlé d’invasion silencieuse. »

Le blogueur local qui interroge la Sœur Ada dans la vidéo ci-dessus, ne mâche pas ces mots. « Certains ont dit en plaisantant que l’Italie était le seul État à utiliser la force armée pour se faire envahir. On a parlé d’invasion silencieuse. Que dites-vous aux critiques ? » Réponse de la religieuse : « Je suis bien d’accord que c’est un gros problème, que cela peut être une invasion silencieuse. Mais à partir du moment où des personnes demandent à être accueillies, nous, comme religieuses, nous ne pouvons pas refuser. » En tout cas, souligne-t-elle, il n’est pas question de prosélytisme : « l’Église fait cela uniquement par charité, sachant que la majeure partie de ces immigrés sont musulmans ».

Mercredi soir, les religieuses ont vu arriver un autobus rempli de jeunes clandestins érythréens, tout frais débarqués de Lampedusa. Elles ont catégoriquement refusé d’accueillir ces « nouveaux arrivants, atteints d’une maladie très contagieuse et présentant un gros risque pour les résidents du couvent » : ces clandestins avaient la gale. Après des pourparlers infructueux, l’autobus a été renvoyé aux urgences de l’hôpital de Chieti.

Là, l’accès a aussi été refusé, à cause du danger pour les personnes qui se trouvaient dans la salle d’attente, dont des femmes enceintes et des enfants. Finalement, le médecin responsable des urgences est parvenu à installer les clandestins dans le centre des maladies infectieuses : impossible, en pleine nuit, de trouver la clé mais on a défoncé la porte. L’infectiologue de garde a été réveillé et est venu examiner les Érythréens. Il a constaté que ceux-ci avaient déjà subi une visite médicale lors de leur débarquement et qu’on avait commencé à leur donner un traitement. Ils ont donc tous reçu des papiers certifiant qu’ils ne présentaient pas de danger. Puis on leur a servi un repas abondant. La Préfecture a été informée et a envoyé un inspecteur reprendre les clandestins pour les ramener chez les braves sœurs du Village de l’Espérance.

Comme l’écrit le journal local, « au moins du point de vue de l’urgence sanitaire, tout est rentré dans l’ordre dans les premières heures de jeudi matin ».

Photo : Photomicrographie d’un sarcopte de la gale. Crédit : Kalumet, via Wikipédia, (cc).