Meurtre « raciste » et « fasciste » en Italie : le meurtrier de Zakir s’appelle Hamrouni

Meurtre « raciste » et « fasciste » en Italie : le meurtrier de Zakir s’appelle Hamrouni

21/04/2014 – PISE (NOVOpress) – La tentation était trop forte. Surtout en plein déferlement migratoire et juste après la révélation, que le système n’avait pu entièrement occulter, que Mada ‘Adam’ Kabobo, le « réfugié » de Lampedusa passé massacreur de rue à Milan, avait déchiqueté ses victimes à coups de pioche parce qu’elles étaient blanches.

Zakir Hossain, un Bangladais de 34 ans, serveur dans un restaurant indien, est mort à Pise, dans la nuit du 13 avril, tombé sur le pavé après avoir reçu un coup de poing. Sur le cadavre encore chaud, tout le lobby de l’immigrationnisme italien a immédiatement commencé sa danse rituelle.

Les images des caméras de surveillance montraient que le Bangladais avait eu une altercation avec quatre hommes. Les media les plus retenus  ont affirmé : « il y a une bonne probabilité qu’ils soient de nationalité italienne ». D’autres ont tranché : « ils sont tous Italiens », voire : « Zakir Hossain a été victime d’un commando de quatre jeunes, tous Italiens ».

L’auteur du coup de poing avait, comme de juste, « les cheveux rasés, couleur châtain clair » – il n’a, faut-il croire, pas été possible d’aller tout à fait jusqu’au blond. La vidéo n’avait pas de son : les media ont ajouté de leur cru, tant qu’à faire, que l’agresseur avait « peut-être prononcé quelques phrases racistes ». D’embellissement en embellissement, on en arrive à la version du site immigrationniste Stranieri in Italia : « Les enquêteurs font l’hypothèse que l’agresseur était ivre et qu’il a cherché un prétexte pour se battre, en lançant aussi des provocations racistes, avant de frapper sa victime à l’improviste ».

La « communauté bangladaise » de la ville, qui compte de 1000 à 1500 personnes, a été reçue par le maire de Pise, auquel elle a expliqué qu’elle « avait peur des extrêmes ». Elle a appelé dans la foulée à une manifestation.

L’extrême gauche des Cobas (communautés de base) a publié un communiqué à faire froid dans le dos (copie d’écran en Une). « Xénophobie », « racisme », « squadrisme » : « encore une fois, les migrants victimes de violences et d’homicides ». La ville de Pise « est désormais un terrain de raids et d’agressions racistes ». « La communauté démocratique et solidaire de la ville doit réagir et veiller afin que ces agressions cessent et ne débouchent pas sur des formes de fascisme explicite ». L’association Africa Insieme (« Afrique ensemble ») a dénoncé de son côté « un climat de tension, de mépris pour les immigrés ».

L’archevêque de Pise, Mgr Giovanni Paolo Benotto, a dévié le chemin de croix du Vendredi saint pour le faire passer sur les lieux du drame. « On ne grandit pas dans la paix, a-t-il déclaré, si l’on n’instaure pas un climat de respect plein et total envers toute personne, quelles que soient son origine, sa culture, sa foi ou ses idées politiques ».

Las, vendredi matin, alors que la mobilisation civile et religieuse battait son plein, l’assassin de Zakir a été identifié.

Il s’agit d’un certain Hamrouni Hamza, qui, après les faits, s’est immédiatement enfui en Tunisie, son pays d’origine. La police italienne y a retrouvé sa trace et une demande d’extradition va être déposée. L’inculpation est celle d’homicide involontaire. Les autres membres de la bande ont déjà été retrouvés et ont été interrogés : ils étaient sortis pour « chercher la bagarre » et la rixe s’est déclenchée pour « des motifs absolument futiles ». Comme le disent délicatement les mêmes medias qui s’étaient déchaînés, « la nature ethnique de l’agression semble finalement écartée ». On commence même à trouver au meurtrier, depuis qu’il est maghrébin, toutes sortes de circonstances atténuantes : « Un jeune parfaitement intégré, un travailleur sans antécédents judiciaires. Il est normal qu’il se soit dit : “je suis Tunisien, maintenant ils vont m’enfermer et jeter les clés”. Il a été pris de panique et s’est enfui ».

La manifestation prévue n’en a pas moins eu lieu vendredi après-midi, avec l’ambassadeur du Bangladesh et une brochette d’officiels italiens : maire, préfet, députés, président de province. Salim Mohammed, porte-parole de la « communauté bangalaise », a réclamé « le respect et la justice » pour les immigrés, et développé le thème habituel : « nos enfants grandissent et vivent ici ». Le maire de Pise a appelé à « reconnaître que les immigrés sont des citoyens comme les autres ».

Les victimes de Kabobo n’en ont pas tant eu.

Flavien Blanchon