Ukraine : agresseur et victime, la partialité de l’Occident pousse Poutine à l’affrontement

Ukraine : agresseur et victime, la partialité de l’Occident pousse Poutine à l’affrontement

Ci-dessus : manifestation de russophones à Donetz.

Des Kosovars qui veulent se séparer de la Serbie sont des patriotes, des russophones qui veulent se séparer de l’Ukraine sont des terroristes.

L’hypocrisie et la partialité des américano-européens est certainement le facteur le plus dangereux de la crise ukrainienne et le risque majeur de dérapage vers un conflit militaire. Il est évident que le pouvoir russe soutient les russophones d’Ukraine dans une volonté d’obtenir de Kiev plus d’autonomie pour les provinces de l’est du pays. Cela se fait certainement par la prise en main de manifestants sincères, un peu comme les Usa l’ont fait pendant la révolution orange avec non pas des forces spéciales mais des organisations non gouvernementales instrumentalisées.

Le pouvoir ukrainien de fait a donc tenté de reprendre la main par une intervention policière et armée qui ne semble pas se passer exactement comme prévue.

Cette action soutenue par les Usa, mais sans plus, parait inquiéter terriblement Bruxelles et Paris. A juste titre car cette fuite en avant semble apporter sur un plateau à Poutine un motif d’intervention militaire pour protéger les populations russophones des «  fascistes »  de Kiev.

L’impasse diplomatique est totale

La réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU à la demande de Moscou pour une fois, a viré au dialogue de sourds entre les Occidentaux et la Russie qui avait convoqué dans la nuit de dimanche à lundi la communauté internationale. D’un côté, les grandes puissances de l’Ouest accusaient Moscou d’avoir orchestré les tensions dans l’est de l’Ukraine. Moscou, de son côté, a poussé Kiev à « cesser d’utiliser la force contre le peuple ukrainien ».

Au QG des Nations unies, l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a averti: « Le sang a déjà été versé et il faut éviter d’urgence une nouvelle escalade ». Il a demandé aux Occidentaux et en premier lieu aux Etats-Unis, de faire pression sur les autorités de Kiev pour qu’elles « cessent d’utiliser la force contre le peuple ukrainien et entament un véritable dialogue ». « C’est l’Occident qui déterminera si la guerre civile en Ukraine peut être évitée », a-t-il ajouté.

Son homologue américaine Samantha Power a, de son côté, accusé la Russie d’avoir « créé et orchestré l’instabilité » dans l’est de l’Ukraine. Les récents événements dans cette région « sont une copie conforme des tactiques utilisées par les forces russes dans les premières étapes de la crise en Crimée », a-t-elle affirmé.

Le rapprochement des deux points de vue parait impossible

Des pourparlers entre la Russie, l’Ukraine, les Etats-Unis et l’Union européenne sont annoncés pour jeudi 17 avril à Genève. Moscou a affirmé que le « format » des discussions n’était pas encore arrêté et a insisté pour que les prorusses des régions de l’Est soient représentés pour exposer leurs « intérêts légitimes ». Le vice-président américain, Joe Biden, est attendu à Kiev le 22 avril.

Il faudrait cependant agir vite pour éviter un engrenage dont la responsabilité est pour le moins partagée, n’en déplaise à notre propagande médiatique qui vaut bien celle de la Russie.

Jean Bonnevey

Source : Metamag.

Crédit photo : Andrew Butko, via Wikipédia, (cc).