L'accord de libre-échange Etats-Unis/Europe se profile

L’accord de libre-échange Etats-Unis/Europe se profile

16/04/2014 – BRUXELLES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
L’accord de partenariat transatlantique entre les Etats-Unis et l’Union européenne est en cours de négociation. Le sujet ne manque pas d’intérêt puisqu’il déclasse le clivage gauche droite pour poser de véritables questions politiques.

De quand date ce projet de libre-échange ?

La genèse de ce projet est ancienne. Une première tentative avait été lancée au XIXe siècle sous Napoléon III. Elle s’est éteinte rapidement en raison d’un manque d’implication des acteurs. Un an après la chute du mur de Berlin, le projet est réapparu sous forme d’une résolution signée entre les Etats-Unis et la communauté européenne. En 1995, un agenda est fixé ainsi qu’un programme d’action approfondi. En 2003, les réserves émises par le couple franco-allemand sur l’intervention militaire en Irak avaient ralenti les négociations.

Qu’est-ce qui a permis une reprise des négociations ?

C’est la crise de 2008 qui les a accélérées car pour d’aucuns, cet accord est synonyme de croissance et d’emploi. Il permettrait une meilleure circulation des marchandises, une concurrence plus parfaite ce qui explique les mots du secrétaire d’Etat John Kerry (photo) qualifiant l’accord comme « l’un des meilleurs moyens de casser le cycle de la crise en Europe et d’avoir de la croissance ».

Qui s’oppose à ce projet ?

Cependant, certaines Cassandres font part de leur réticence. Bruno Poncelet, syndicaliste, s’insurge contre les avantages accordés aux multinationales : « Il y a une réelle menace d’autoriser un règlement des différends entre Etats et multinationales — c’est-à-dire le droit pour les multinationales et les investisseurs de porter plainte contre les Etats pour exiger des dommages et intérêts, quand une politique publique ne leur plaira pas ». Jean Arthuis, un sénateur UDI-Modem, invoque quant à lui les risques qu’un tel accord présente au lendemain de l’affaire Snowden. L’UE peut‑elle faire confiance aux Américains quand elle sait que les Etats-Unis espionnent leurs alliés ?

Crédit photo : United States Congress via Wikipédia (cc).