Mosquée de Bordeaux : La "désintox" très spéciale du journal Libération

Mosquée de Bordeaux : La “désintox” très spéciale du journal Libération

22/03/2014 – BORDEAUX (NOVOpress via Info Bordeaux) – Deux apprentis journalistes, étudiants à l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA), signent aujourd’hui dans Libération un article sur la mosquée de Bordeaux (copie d’écran en Une) et la « désintox » supposée du candidat Front national, Jacques Colombier.

Infos-Bordeaux a donc décidé de procéder à un rappel de la réalité et d’ajouter quelques éléments soigneusement omis par Malik Teffahi-Richard et Jean-Yves Paillé.

Tout d’abord, il est intéressant de savoir que ce dernier est un opposant au Front national, ce qu’il n’hésite pas à déclarer sur Twitter.

Sur le fond ensuite. Ils exhument tout d’abord la citation d’Hugues Martin, maire pendant « l’exil » d’Alain Juppé : « Les crédits destinés à mettre en place ce lieu de culte ne doivent être que de provenance nationale […] pas un centime venant d’autres pays », phrase donnant raison à Jacques Colombier qui condamne le financement à venir, en provenance du Qatar, comme le reconnaît d’ailleurs Tareq Oubrou, l’imam de Bordeaux.

Quand Jacques Colombier déclare que « les frères musulmans appartiennent à l’une des branches de l’islam radical », il ne fait que souligner un constat résumé dans leur devise : « Dieu est notre but, le prophète notre chef, le Coran notre constitution, le djihad notre voie, le martyr notre plus grande espérance ». Pour tenter de donner une image positive de la branche des frères musulmans en France, nos deux journalistes citent plusieurs fois « l’islamologue Vincent Geisser », sans donner le CV de ce dernier. Pour une fois, nous citerons Caroline Fourest, qui n’est pas vraiment notre tasse de thé, mais qui connaît bien ce chercheur très polémique.

« L’essentiel des travaux de Vincent Geisser consiste à stigmatiser toute personne critique envers l’intégrisme musulman comme étant « islamophobe » (SOS-Racisme, des journalistes, et même le recteur de la Mosquée de Paris), tout en répandant des clichés sur les musulmans laïques sur les sites islamistes. Le vrai musulman serait celui qui ne renonce pas à porter le voile ou à faire le ramadan comme l’exige la République laïque « assimilationniste ». Geisser parle même de « national-laïcisme » à propos de la loi sur les signes religieux à l’école publique… A l’inverse, le moindre musulman éclairé est raillé comme faisant partie de l’ »Islam light », un « produit qui se vend bien ». Ayaan Hirsi Ali ou Irshad Manji, menacées de mort par les islamistes, sont décrites comme des « poupées Barbie de l’Islam light », que l’on favorise par « érotisme victimaire ». Autant dire que Vincent Geisser est l’un des chercheurs favoris des musulmans non « light » : les Frères musulmans, la mouvance tunisienne autour de Ghannouchi, les fidèles de Tariq Ramadan et de l’UOIF. Il donne des conférences devant des publics où l’on sépare les hommes des femmes, et contribue très régulièrement au site Oumma.com. Un site agressif envers les opposants à l’intégrisme, auquel il participe par des chroniques vidéo et de nombreux articles signés de la mention CNRS ».

Pour le journal Libération, son spécial « désintox » a pour but « d’observer les mensonges du discours des politiques ». Et celui des journalistes, c’est pour quand ?