Faits & Documents n°372 du 1er au 15 décembre 2013 - Portrait : Pierre Bergé

Faits & Documents n°372 du 1er au 15 mars 2014 – Portrait : Pierre Bergé

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 1er au 15 mars 2014 vient de paraître, avec (entre autres) le portrait de l’homme d’affaires Pierre Bergé.

À 82 ans, le cofondateur de la maison Yves Saint Laurent est l’archétype français de la « gauche caviar ». Producteur d’ailleurs de caviar, propriétaire d’une maison de vente aux enchères, actionnaire du Monde et bientôt du Nouvel observateur, fondateur du mensuel homosexuel Têtu, président du Sidaction, cet homosexuel plus que militant n’est classé pourtant qu’à la 349e place des grandes fortunes françaises, avec « seulement » 120 millions d’euros (classement Challenges 2013). Une aimable plaisanterie lorsqu’on sait que la seule vente d’une partie de ses collections d’objets d’art (non inclus dans l’assiette de l’ISF) a rapporté à ce mitterrandien de stricte observance la bagatelle de 373,5 millions (habilement reversés à la Fondation PB-YSL). Le 13 janvier, il était interrogé au Supplément de Canal + : « La sexualité a une place très importante dans votre vie. Vous dites à l’envie que vous avez construit la maison Saint Laurent autour de votre… bite. Vous confirmez ? » L’intéressé répondit, avec un éclat de rire typique de la morgue des parvenus : « Je ne confirme pas. Je ne suis pas sûr que ce soit autour… » Tout dans la finesse…

Faits & Documents n°372 du 1er au 15 décembre 2013 - Portrait : Pierre Bergé

Faits & Documents n°372 du 1er au 15 décembre 2013 – Portrait : Pierre Bergé

« Comment décrire la nomenklatura homosexuelle sans évoquer Pierre Bergé, giscardien dans l’année 70, puis barriste, mitterrandien et, enfin, chiraquien. Cet homme à l’affût de toutes les occasions rêvait dans sa jeunesse de conquérir Paris. »
Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard, Les Bonnes fréquentations (1997).

« Je suis un « mafieux ». Et je ne crois qu’à ça. Je ne crois qu’aux amis dont on est sûr, qu’on s’est choisi et c’est fini. C’est pour toujours. Et on les défend, bien sûr. […] Être « clanique », cela ne veut pas dire faire des mauvais coups ensemble, cela ne veut pas dire passer des armes ici ou du fric là. Cela veut tout simplement dire que les gens se sont retrouvés. Alors, comme toujours dans les « clans », tout le monde n’est pas blanc-bleu : certains peuvent avoir une bonne influence et d’autres une mauvaise – pas toujours, mais cela peut arriver. »
Pierre Bergé dans François Mitterrand et ses proches (1996).

« Fais en sorte que l’idée d’humanité excède en toi celle de toute autre communauté. Fais-toi citoyen du monde autant qu’il est possible. Les États, en d’autres termes, comptent moins que le destin de l’humanité. Lorsqu’ils deviennent des obstacles au progrès de la paix, les États doivent s’effacer devant la loi commune […] ou bien la défense invétérée, obscurantiste des « nations ». Ou bien la décision résolue d’assumer des paris raisonnables dont pourrait sortir le progrès de l’humanité. […] Non à ce qui nous enracine, oui à ce qui nous libère de nos racines ; non à ce qui nous rend tributaire d’une concrète, trop concrète communauté, oui à ce qui nous inscrit dans un espace symbolique plus abstrait. L’Europe est un de ces espaces. Si je suis européen, c’est parce que l’Europe nous éloigne de l’obscure magie des racines, des terroirs et des appartenances trop simples. »
Pierre Bergé, Liberté, j’écris ton nom (1991).

« Les racines, dit Pierre Bergé, ont de l’importance dans son amitié avec l’ancien président [NDA : Mitterrand] : « Il était charentais comme moi, nous étions tous deux du même pays, moi d’Oléron et lui de Jarnac. Nous sommes saintongeais. »
Pierre Bergé, rapporté par Stéphane Trano dans Mitterrand, Les amis d’abord.

« Ses colères carabinées sont aussi spectaculaires que les soufflés du Récamier, dont il est client. En 1962 déjà, lorsque William Klein filme les débuts de la maison de couture, il montre un jeune Pierre bourré d’impatience et de tics, croisement de Rascar Capac (la momie du temple du soleil de Tintin) et de Louis De Funès. »
Libération (25 février 2009).

« Les morsures de ce natif du Scorpion sont très venimeuses. »
Challenges (2 octobre 2008).

« Le dimanche a des relents étranges. Ce fut pendant des siècles le « jour du seigneur ». Il ne fallait pas travailler pour mieux se consacrer à Dieu et mieux prier ? En un mot, la conception même du dimanche (…)

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Crédit photo : partisocialiste via Flickr (cc)