Les récupérateurs des "années les plus sombres", ils ne savent faire que ça et ça marche encore. Par Jean Ansar

Les récupérateurs des “années les plus sombres”, ils ne savent faire que ça et ça marche encore. Par Jean Ansar

Arnaud Montebourg (photo), pour débattre avec Marine le Pen, a accusé, sans doute à bout d’arguments, Jean-Marie Le Pen, son père, d’avoir fait l’éloge de la Gestapo. Triste pays ou seule la diabolisation est un argument politique. Ou seraient-ils sans Hitler ? Les français sont-ils encore dupes de ces faux résistants qui croient gagner la guerre 60 ans plus tard en mettant au pilori quelques vieillards oubliés.

On ne peut débattre avec les représentants de la gauche sans qu’ils retournent aux années les plus sombres, comme si, à l’époque, ils avaient combattu courageusement. Ces vainqueurs par procuration usent et abusent de l’excommunication mémorielle vis-à-vis de leurs adversaires d’aujourd’hui. La Gestapo obsède Montebourg, pas Marine. C’est lui qui a un problème.

Après avoir suivi le débat à la télévision chez lui et en présence de quelques amis, Jean-Marie Le Pen estime que sa fille a «surclassé totalement Monsieur Montebourg.» Il a raison. Puis, il ajoute: «Utiliser ce genre d’argument contre un absent prouve la faiblesse de ce malheureux qui a été bousculé, débordé, à peu près dans tous les domaines. Et comme à la sortie des cours d’écoles, il n’a pas d’autre argumentation que de raconter à Marine Le Pen une histoire sur son père datant de quinze ans». Wallerand de Saint-Just, l’avocat du Front National, annonçait pour sa part au Figaro qu’il s’agirait d’une plainte en diffamation. «C’est bien l’imputation d’un fait précis contraire à l’honneur et à la réputation de Jean-Marie Le Pen.» Il se réservait également la possibilité de déposer une seconde plainte pour diffamation ou injure concernant d’autres propos tenus par Arnaud Montebourg dans cette émission lorsque celui-ci a notamment parlé de «purification ethnique» en évoquant le programme du Front national.

Le FN attend le résultat d’un premier procès fait à Arnaud Montebourg à la suite d’une agression dont il avait été victime en février 2012 avec sa compagne d’alors, Audrey Pulvar. La journaliste et le député socialiste avaient affirmé avoir été pris à partie par une quinzaine d’individus en sortant d’un restaurant parisien à l’angle du boulevard Murat et de la rue Molitor. Interrogé alors par l’AFP en février 2012, Arnaud Montebourg avait dit : «Cela témoigne de la libération de la parole raciste et à connotation fascisante dans le parti de Marine Le Pen.» Décidément, il n’en sort pas.

On connait la référence de Montebourg, il la cite complaisamment. Arnaud Montebourg est le fils de Michel Montebourg, fonctionnaire des impôts, et de Leïla Ould Cadi, universitaire, professeur d’espagnol et essayiste issue, par son père, Khermiche Ould Cadi, d’une famille de walis d’Algérie et d’une mère normande. « Comme disait ma grand-mère, madame, les chiens ne font point des chats“. »

De la part de quelqu’un qui estime globalement qu’un mouton né dans un haras est un pur sang, c’est tout de même contradictoire et étonnamment raciste ça… Ainsi on serait déterminé par ses origines et sa filiation, sauf lui bien sûr. Sacré Arnaud va !

Jean Ansar

Source : Metamag.

Crédit photo : Parti Socialiste, via Flickr, (cc).