« Frontières souveraines » : un exemple qui nous vient d'Australie

« Frontières souveraines » : un exemple qui nous vient d’Australie

23/02/2014 – CANBERRA (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
Depuis quelques mois, les Australiens ont fini de jouer les “bons pasteurs de Lampedusa”.

A la tête d’une coalition libérale-nationale lors des élections législatives de septembre 2013, l’actuel Premier ministre Tony Abbott (photo) a été plébiscité pour ses promesses de stopper les bateaux de clandestins. Le précédent gouvernement, de centre gauche, avait commencé à lutter contre les  clandestins venus du monde entier, mais son action avait été jugée insuffisante. Depuis 2001, tout demandeur d’asile arrivé par les voies maritimes était acheminé vers un centre de détention  situé sur l’Ile Christmas avant de rejoindre le camp de Nauru, en Papouasie. En échange de l’accueil de ces demandeurs d’asile, Nauru recevait d’importants subsides financiers de la part de l’Australie.

Avec l’opération « Frontières souveraines », Tony Abbott entend mettre un terme définitif à l’immigration clandestine. Dorénavant, les migrants sont interceptés par des navires de guerre et n’ont d’autre choix que de retourner dans leur pays ou de rester dans un centre de rétention avant leur expulsion. On leur distribue un document expliquant qu’ils sont rentrés illégalement sur le territoire australien…

Ces opération sont classées « secret défense » et le gouvernement se refuse à tout commentaire sur le sujet 

Ce qui ne choque pas les Australiens, qui souhaitent, à plus de 60%, une politique encore plus sévère envers les clandestins. Selon un communiqué récent du ministère de l’immigration, aucun demandeur d’asile n’a été transféré à son département depuis le 19 décembre dernier. Concernant les arrivées de réfugiés économiques, elles auraient baissé de 80 % depuis la mise en place de l’opération « Frontières souveraines ». Les lobbies de l’immigration australiens et les défenseurs forcenés de la submersion migratoire multiplient les menaces, mais sans ébranler le ministre de l’immigration, Scott Morison, qui assume ses actes : « Qu’elle patrouille en mer ou sur les terres pour stopper les contrebandiers [terme utilisé pour désigner les passeurs et clandestins], notre marine fait un excellent travail pour notre pays ».
Un exemple pour la Vieille Europe ?

Crédit photo : Troy, via Flickr, (cc).