L’État français organise la sinisation de PSA

L’État français organise la sinisation de PSA

20/02/2014 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de Réinformation) – C’est un mariage à trois, inédit qui a été officialisé mercredi 19 février. En effet, PSA Peugeot‑Citroën, constructeur automobile français historique, a annoncé l’entrée à son capital de l’Etat d’une part, et du constructeur chinois Dongfeng (son logo en Une) d’autre part.

La famille Peugeot ne sera plus le premier actionnaire du groupe. Ce constat est historique. Depuis 1810 c’est la famille Peugeot qui dirigeait majoritairement son groupe. Désormais, l’Etat et le constructeur chinois détiendront chacun 14 % du capital. Autant que la famille Peugeot, qui en détenait encore 25,4 % avant cette opération.

Cette augmentation de capital de 3 milliards d’euros voulue par Arnaud Montebourg est destinée à redresser PSA. Elle va permettre à PSA d’assainir sa situation financière, après une perte de 2,3 milliards d’euros en 2013. Et le partenariat avec les Chinois devrait favoriser grandement l’implantation dans la région asiatique. L’argent investi permettra plus largement au groupe de renforcer ses positions dans les pays émergents.

Quel est l’intérêt des Chinois ?

Les entreprises chinoises déploient une stratégie de prédation : elles cherchent à mettre la main sur les technologies et les centres de recherche européens. Depuis la crise de l’euro, les Chinois utilisent ainsi leurs excédents commerciaux pour racheter à bon compte des entreprises industrielles européennes. L’Europe ne s’oppose plus à ces rachats. Contrairement aux Etats‑Unis ou au Japon, elle ouvre assez facilement ses portes aux Chinois, même si la réciproque n’est pas vraie. En effet, la Chine empêche toujours largement les investisseurs étrangers de pénétrer dans certains secteurs stratégiques, limitant ainsi la présence d’entreprises extérieures sur son territoire.

Crédit photo : Viva Chile, via Wikipédia, domaine public.