Indépendance de l’Écosse : quand José Manuel Barroso divague

19/02/2014 – ÉDIMBOURG (Bulletin de réinformation) – Le président de la commission européenne juge qu’il sera dur pour l’Écosse de devenir membre de l’Union si elle devient indépendante. José‑Manuel Barroso, actuel président de la commission européenne, a déclaré dimanche qu’il serait « extrêmement difficile, voire impossible » pour l’Écosse d’adhérer à l’Union européenne. Cette déclaration intervient dans le contexte du référendum en Écosse sur l’indépendance de cette région et qui aura lieu cette année.

On cherche les raisons d’une telle déclaration sur un événement qui est loin d’être réalisée. En effet, non seulement l’issue du dit référendum est très incertaine, mais aussi il n’est que consultatif. Pour appuyer ses dires, il ne trouve qu’a asserter que « l’adhésion à l’Europe doit être approuvée par tous les membres de l’Union européenne ».

Quelles sont les réactions de l’Écosse ? Selon la vice‑Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, il s’agit de propos grotesques. Elle souligne qu’aucun État membre actuellement n’à déclaré qu’il opposerait son veto au renouvellement de l’adhésion écossaise.

Les arguments de Barroso sont d’autant plus incompréhensibles qu’il prend l’exemple du Kosovo. En effet, il continue son argumentation en comparant l’adhésion de l’Écosse au refus de l’Espagne de reconnaitre le Kosovo. Le point de comparaison est que ce sont tous les deux de nouveaux pays. Et pourtant, la Slovénie, qui adhère, en 2003, à l’Union, n’est indépendante que depuis 1993, soit dix ans auparavant. Et le Kosovo n’a jamais fait partie de l’Europe de Bruxelles.

Pourtant, Barroso n’a pas fait montre d’un tel zèle concernant l’adhésion de la Turquie, pays non européen. Si, en 2005, il estimait que ce pays n’était pas prêt pour rejoindre l’Union, il appelait de ses vœux la poursuite des négociations. En 2009, il approuvait le président américain Obama qui souhaitait l’entrée de la Turquie dans l’Union. C’est pourquoi actuellement il soutient les négociations avec Istanbul.

Crédit photo : genevieveromier via Flickr (cc)