La France en Centrafrique : gare à l’enlisement

18/02/2014 – PARIS (Bulletin de réinformation) – Début décembre, quand François Hollande avait annoncé l’opération militaire en Centrafrique, il avait assuré que cela serait « rapide ». De même que la courbe du chômage ne s’est pas inversée, c’est sans surprise donc que Jean‑Yves le Drian nous apprend que l’opération durera plus longtemps que prévu. « Le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu’on imaginait », s’est justifié le ministre de la Défense.

Le gouvernement a‑t‑il mal évalué l’ampleur de l’opération militaire ? Oui, à l’évidence. Bien que, encore une fois, François Hollande ait promis que les 1.600 soldats envoyés là‑bas suffiraient, le ministre de la Défense a annoncé samedi le renfort de 400 effectifs supplémentaires. Cela répond à une demande du secrétaire général des Nations unies, ainsi qu’à la décision de l’Union européenne d’engager une opération militaire en Centrafrique. En effet, les troupes françaises se sont rapidement retrouvées dépassées par les événements. Quant aux effectifs de la Misca, la force panafricaine, ils ont atteint un volume de 6.000 hommes. Mais cette Misca manque de moyens de transports permettant d’opérer dans les provinces. En cela, les renforts français comprenant des unités de combat d’infanterie, des hélicoptères de transport et des moyens logistiques et de commandement sont les bienvenus.

Quelle est la mission de ces nouvelles troupes envoyées en renfort ? Il s’agit d’aider les troupes sur place à pacifier la région et à désarmer les milices. A Bangui, la tension est encore palpable. Le ressentiment de la population chrétienne contre la rébellion Malaka, à dominante musulmane, est encore fort. Cette rébellion qui avait pris le pouvoir en mars 2013 et qui persécutait la communauté chrétienne, avait amené cette dernière à se soulever. Il est donc à craindre pour nos soldats qu’ils soient présents en Centrafrique encore longtemps, avant que le calme ne revienne durablement.

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