Amendement de la loi Veil : la droite divisée sur la notion de "détresse"

Amendement de la loi Veil : la droite divisée sur la notion de “détresse”

23/01/2014 – 12h00
PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) – Les députés français ont adopté mardi soir un amendement à la loi Veil de 1975 (photo Simone Veil à l’époque du vote de la loi) qui instaurait le droit à l’avortement volontaire pour toute “femme enceinte que son état place en situation de détresse”. Désormais il s’agit de remplacer cette mention par “le droit des femmes à choisir ou non de poursuivre une grossesse”. Tous les groupes politiques ont voté la mesure, y compris l’UMP, à l’exception de quelques députés comme Jean-Frédéric Poisson. Marion Maréchal-Le Pen a également voté contre. Le projet de loi espagnol comme le succès de la Marche pour la Vie dimanche donnait un relief particulier au vote.

Qu’en est-il de l’amendement UMP ?

Quelque dix-neuf députés UMP avaient proposé un amendement qui dérembourserait l’IVG, arguant que si la notion de détresse était supprimée, les conditions de remboursement par la Sécurité sociale ne seraient plus remplies. Mais en séance, le président du groupe UMP Christian Jacob est intervenu pour se désolidariser de l’amendement. Des députés ont retiré aussi leur signature et finalement seuls sept députés l’ont votée. Bernard Debré s’est dit estomaqué qu’on ose simplement l’envisager. Quant à Jean-François Copé, quoiqu’il n’ait pas condamné l’initiative, sa déclaration est pour le moins étonnante : il ne faut pas “toucher à la loi Veil”, une loi qui “rappelle le respect de la vie de tout être humain et présente l’avortement comme une exception”, alors qu’il y a plus de 200.000 avortements volontaires par an en France…

En Equateur, l’avortement est aussi d’actualité…

L’ONU a récemment reproché à l’Equateur de ne pas avoir dépénalisé l’avortement dans son nouveau code de droit pénal. Ce à quoi son président Rafael Correa a répondu : « Messieurs, occupez-vous de vos affaires et non de celles d’un pays souverain ». Puis il a ajouté que l’ONU et sa « bureaucratie internationale » pratiquaient de « l’ingérence illicite et illégale ».

Mais quand il s’agit de l’avortement des filles en Chine, les féministes montent au créneau !

Le Figaro Madame a consacré un article à une artiste nommée Prune Nourry qui a sculpté pas moins de 116 filles en terre cuite pour dénoncer les avortements sélectifs, à l’origine d’un manque en Asie de plus de 163 millions de filles. Quant à l’UNICEF qui a soutenu moult programmes d’accès à l’avortement dans les pays du Tiers-Monde, il n’avait pas prévu les politiques de l’enfant unique et les avortements de filles. La rhétorique de ses appels change alors totalement : “Aucune petite fille ne devrait mourir avant d’être née uniquement en raison de son appartenance au sexe féminin… Nous nous investissons très activement pour que les petites filles puissent naître et grandir”. Curieusement, il ne s’agit plus de droit des femmes de choisir, et d’amas de cellules…

Crédit photo : Claude Truong-Ngoc, via Wikipédia, (cc).