Réactions à la conférence du Président de la République : une distinction gauche droite de plus en plus floue

Réactions à la conférence du Président de la République : une distinction gauche droite de plus en plus floue

17/01/2014 – 10h30
PARIS (Bulletin de réinformation) –
Les réactions n’ont pas manqué après la conférence de presse de François Hollande mardi dernier, et force est de constater que la distinction gauche‑droite est devenue très floue. L’affaire Julie Gayet n’ayant pas été évoquée à cette occasion, les réactions ont donc dû « malheureusement » se porter sur les sujets de fond.

C’est le pacte de responsabilité, annoncé par le Président, qui a été le plus commenté. En effet, et, si l’on exclut les ténors du PS et leurs réactions dithyrambiques à l’annonce de cette mesure, les plus satisfaits ont été… les patrons ! Le MEDEF a accueilli positivement les annonces faites par le Président, se félicitant notamment de la fin des cotisations familiales d’ici 2017. « Enfin ! » s’est réjouie Laurence Parisot, l’ancienne présidente du mouvement patronal.

Les syndicats, quant à eux, se sont montrés davantage méfiants ou dubitatifs. Laurent Berger, de la CFDT, « attend de voir les résultats ». Plus critique, Jean‑Claude Mailly, numéro un de Force ouvrière, a considéré que le Président avait « confirmé le caractère libéral de la politique économique mise en œuvre ». Si l’on résume : des patrons satisfaits, des syndicats méfiants… Au vu des réactions, comment ne peut‑on pas en effet parler de “virage à droite” du Président Hollande ? !

Et la droite justement ? L’UMP, quant à elle, s’est retrouvée visiblement très embarrassée, ne pouvant désavouer des mesures apparemment libérales prises par le Président ! Jean‑François Copé a admis que ces mesures « étaient des propositions portées depuis des années par l’UMP ». Selon Jean‑Pierre Raffarin, « ce changement de discours est le bienvenu ». Le président de l’UDI, Jean‑Louis Borloo, s’est même déclaré prêt à soutenir le pacte de responsabilité proposé par François Hollande.

Qui, alors, a vraiment critiqué ce tournant libéral ? Les véritables “trouble‑fêtes” se trouvent sur les deux fronts : Front national et Front de gauche. « Après une telle soupe présidentielle, il sera encore plus difficile de faire croire aux Français qu’il y a une différence PS/UMP » a publié Florian Philippot, vice‑président du Front national, sur Twitter. De son côté, Jean‑Luc Mélenchon, patron du Front de gauche, a annoncé le couple de l’année : selon lui, entre Gattaz (le patron du MEDEF) et Hollande, c’est du sérieux !