Bâle III : un assouplissement en faveur de la finance sauvage

Bâle III : un assouplissement en faveur de la finance sauvage

15/01/2014 – 18h05
PARIS (Bulletin de réinformation) – Dimanche dernier les banquiers centraux des vingt économies les plus importantes du monde ont annoncé un assouplissement des règles dites de Bâle III. Ce corpus réglementaire visait à établir une supervision des réserves des grandes banques mondiales suite au chaos généré par la crise de la finance dérégulée en 2007.

Que signifie cet assouplissement ? Les institutions bancaires internationales ont toujours été vent debout contre une réforme qui visait à réguler une finance déjà dominée par les transactions opaques et les échanges robotisés. L’argument développé par les grandes banques cosmopolites était la contrainte qu’exerçaient ces réglementations sur leur capacité de financement de l’économie réelle par l’octroi de crédits. Les opposants à l’assouplissement y voyaient un pas bien timide contraignant les banques à mettre en réserve une part de leurs actifs afin de se prémunir des risques afférents à la signature d’engagements risqués.

Les banques l’ont donc encore emporté contre les tentatives de régulation ? Les coteries bancaires l’auront donc à nouveau emporté en faveur d’une plus grande liberté quand nombre d’économistes favorisaient une attention sur la conjoncture vue la faiblesse de la demande dans les économies développées. Les banques qui n’auront plus qu’à détenir que 3 % du montant de leurs prises de risques en fonds propres sont à nouveau encouragées à démarcher des clients moins solvables et in fine à accroître le risque systémique caractéristique des marchés bancaires et financiers mondiaux. La banque la plus favorisée en Europe sera la Deutsche Bank peu active hors d’Allemagne pour les crédits aux particuliers et aux entreprises.

Crédit photo : luismontanez via Flickr (cc)