La Cour des comptes : endettement, "la France dans une zone dangereuse"

La Cour des comptes : endettement, “la France dans une zone dangereuse”

11/01/2014 – 11h00
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) – 
Alors l’on nous endort avec l’affaire Dieudonné/Valls, l’audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, qui s’est tenue ce jeudi, a souligné l’état très inquiétant de l’endettement public et l’urgence d’agir.

« La France est dans une zone dangereuse en raison de la taille de sa dette publique et les efforts entrepris ces dernières années ne lui ont pas permis d’en sortir » a déclaré jeudi le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, pour lequel « Les efforts jusqu’ici engagés par le gouvernement pour le désendettement de la France sont insuffisants ». Et Didier Migaud de souligner que la dette publique a progressé de 220 milliards d’euros entre la fin de 2010 et la fin de 2013, pour s’établir à 1.900 milliards d’euros. Les prévisions de la Cour tablent sur une dette représentant 95% du PIB en 2014. Un constat jugé « décevant et préoccupant » par la Cour qui garde sa traditionnelle réserve pour souligner l’urgence de la situation.

Pour les derniers gouvernements, la crise économique a été une excuse toute trouvée

Le président Migaud a rappelé que la crise n’avait fait que s’ajouter à 40 années de  déficits accumulés. Il a attiré l’attention du gouvernement sur la nécessité d’agir rapidement, « Ce qui n’a pas été fait en 2011, 2012 et 2013, c’est autant de chemin supplémentaire à parcourir pour les années à venir. Et cette partie du chemin à parcourir ne sera pas la moins exigeante, tout au contraire ». L’attention doit être portée plus particulièrement sur la dette des régimes de sécurité sociale qui est « une profonde anomalie ». Les perspectives financières de la sécurité sociale inquiètent la Cour des comptes qui craint pour les générations futures. Enfin, face aux effets d’annonces du gouvernement sur une remise à plat du train de vie de l’Etat, le Président de la Cour des Comptes a rappelé qu’une réduction de la dépense publique apparaissait comme prioritaire.

Crédit photo : TouN, via Wikipédia, (cc).