« L'Europe risque de disparaître » : entretien avec René Marchand

Un jour un livre : Reconquista ou mort de l’Europe, l’enjeux de la guerre islamique

29/12/2013 – 11h00
PARIS (NOVOpress) –
À l’occasion des fêtes de fin d’année, les rédacteurs de Novopress vous proposent de découvrir une sélection de livres à travers des extraits choisis. Aujourd’hui, nous vous proposons un extrait d’un livre d’un des derniers grands érudits français sur l’islam, René Marchand, Reconquista ou mort de l’Europe, l’enjeux de la guerre islamique. Édité par Riposte Laïque en mars 2013, ce pavé de 380 pages est un condensé de connaissances sur l’idéologie islamique et de ses velléités totalitaires.


À propos de l’ignorance des Européens à l’égard de l’Islam

Il y a cinquante ans, les universités européennes comptaient plusieurs centaines d’érudits de l’Islam. Combien, aujourd’hui ? Une vingtaine ? Moins ?

En France, le tarissement du vivier que constituaient les études classiques, avec latin et grec : les « humanités », a eu des effets dévastateurs. Nos universitaires qui se consacrent à l’étude de l’Islam médiéval – et ignorer l’Islam du moyen âge, c’est ne rien comprendre à l’Islam contemporain – sont chaque année moins nombreux. Ceux qui ont une connaissance fine et critique des textes classiques – et on ne pénètre intimement l’Islam que par une connaissance à la fois vaste et précise de l’arabe, sa langue matricielle – sont les derniers spécimens d’une espèce en voie de disparition.
Et la situation n’est pas près de s’améliorer. (…)

Un jour un livre : Reconquista ou mort de l'Europe, l'enjeux de la guerre islamique

Un jour un livre : Reconquista ou mort de l’Europe, l’enjeux de la guerre islamique

Autre question : y a-t-il au sein de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Conseil constitutionnel, qui ont mission de légiférer sur la présence de l’Islam en France, un seul individu (non-Musulman s’entend, Français de souche) qui se soit donné la peine de s’initier suffisamment à la langue arabe pour lire un verset du Coran ou le titre d’un quotidien arabe, qui s’est fait commenter par un spécialiste indiscutable les termes arabes qui constituent l’essentiel du droit musulman ?

Les derniers érudits français ne sont jamais invités sur les grands médias. Serait-ce parce qu’Anne-Marie Delcambre, Dominique Urvoy, Marie Thérèse Urvoy… quand ils parlent de l’Islam en France, tiennent des propos forts inquiétants, à contre courant du tiédisme dominant ?

Presque systématiquement les questions de notre actualité la plus préoccupante sont traitées par des étrangers : des Libanais chrétiens, des Musulmans maghrébins…Ce n’ est pas diminuer les qualités de ces journalistes et essayistes que de dire que, lorsqu’il s’agit de commenter ce qui se passe dans les banlieues de nos grandes villes, ils ne peuvent pas avoir l’instinct, le ressenti immédiat, le feeling, d’un auvergnat ou d’un breton pour pénétrer le ressenti de nos compatriotes, par exemple devant la multiplication des voiles féminins ou l’édification d’une mosquée, l’islamisation progressive de notre pays, sa possible libanisation. Comment pourraient-ils appréhender pleinement la surprise, puis le rejet instinctif éprouvé par les autochtones devant les greffes culturelles imposées, des viols de l’identité…alors que leur sensibilité personnelle profonde s’est formée, pendant l’enfance et la jeunesse, dans des régions où l’Islam était la banalité même- au reste, un Islam peu politique, bien différent de l’Islam actuel ? Leur cerveau gauche, rationnel, peut comprendre, mais leur cerveau droit, affectif, ne « sentira » pas et influencera forcément sur leurs analyses. (Le même constat peut être fait à propos de certains pieds-noirs, politiciens ou historiens)

(…)

Selon les critères Occidentaux

En ce qui concerne le droit, la morale et la vie en société d’une manière générales, les musulmans estiment que les principes qui les régissent sont d’une essence qui les place bien au-dessus des Occidentaux.

Aux droits (conjoncturels, discutables, révisables) de l’homme (faillible), ils opposent les droits d’un dieu éternel et omniscient ; aux lois des hommes, la loi d’Allah ; à l’humanisme, l’absolu…La différence est à la fois de nature et de degré. Elle positionne les Occidentaux comme ontologiquement en dessous des Musulmans.

Quand ils se comparent aux Occidentaux en prenant uniquement les mêmes critères de qualité que ceux-ci, les musulmans se sentent également supérieurs :
– La moralité : ils obéissent à un code moral, autrement exigent que celui des Occidentaux, qui leur impose une conduite irréprochable à tout instant ; ils ne boivent pas d’alcool et ne consomment pas de drogues ; leurs femmes ne sont pas impudiques ; la licence sexuelle et la pornographie leur sont inconnues…
– La justice et le droit : leur justice est d’une grande clarté et ils l’appliquent avec rigueur.
– L’argent : la finance musulmane interdit le prêt à intérêt. Etc.

Mais c’est sans doute sur un point que les Occidentaux ne les attendent pas, que les Musulmans contemporains éprouvent le plus fierté : la rationalité.
– Leur religion est née « dans la lumière de l’histoire » ; Mahomet est un homme ordinaire, né d’une homme et d’une femme ; on ne lui attribue pas de miracle ; ses actions et ses paroles ont été établies de manière scientifique, par la critique interne et externe de ses textes.
– Leur monothéisme n’est pas contaminé par des dogmes absurdes, par de l’idolâtrie humaine, par la croyance aux miracles.
– La supériorité intrinsèque de l’Islam est prouvée par ses victoires sur beaucoup d’autre religions et le fait que, une fois convertis, éclairés sur la rationalité de l’Islam, les peuples ne reviennent jamais à leur ancienne foi.
– La victoire finale de l’Islam, donnée comme certaine par Allah et son Envoyé, n’est-elle pas hautement probable pour un esprit rationnel si l’on considère son expansion continue ?

Les Européen, et au premier rang les Français qui se veulent si « cartésiens », n’imaginent pas à quel point ces Musulmans, dont les coutumes et comportements leur semblent souvent dénués de logique, sont imprégnés de la conviction de leur supériorité sur eux au plan de la rationalité. Pensent-ils parfois que la plupart des Musulmans ne comprennent pas pourquoi les « chrétiens » ne se convertissent pas à l’Islam par simple effet de raisonnement ? Pour contrebattre ces idées, encore faut il savoir qu’elles sont au centre de la mentalité commune à la majorité des Musulmans.

Les Occidentaux devraient prendre en considération la « rationalité » de l’Islam et des Musulmans pour un motif qui n’est pas de pure théorie : les enquêtes établissent que beaucoup de jeunes Occidentaux convertis à l’Islam ont commencé par rejeter les dogmes chrétiens qui sont des « mystères », comme la Trinité, qu’ils ont été séduits, d’abord, par la simplicité-pourquoi ne pas le dire : la rationalité ?- du credo et des pratiques de la religion musulmane.

René Marchand, Reconquista ou mort de l’Europe, l’enjeux de la guerre islamique. Éditions de Riposte Laïque (mars 2013). Acheter sur Amazon.