Raphaël chantait Carla Bruni, devenue Sarközy. Raphaël, c’est évidemment Raphaël Enthoven, étoile montante de la philosophie mondaine télévisuelle, figure du Tout-Paris germanopratin et vedette de France Culture.

Faits et Documents n°365 du 15 décembre 2013 au 15 janvier 2014 : portrait de la famille Enthoven

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 15 décembre 2013 au 15 janvier 2014 vient de paraître, avec (entre autres) un portrait de la famille Enthoven. Extrait.

Raphaël chantait Carla Bruni, devenue Sarközy. Raphaël, c’est évidemment Raphaël Enthoven, étoile montante de la philosophie mondaine télévisuelle, figure du Tout-Paris germanopratin et vedette de France Culture. Il s’agit aussi du fils de Jean-Paul Enthoven, meilleur ami de Bernard-Henri Lévy, qui a d’abord épousé sa fille, Justine Lévy, avant de partir du riad de BHL à Marrakech au bras de Carla Bruni, laquelle vivait jusqu’alors avec son père, Jean-Paul. Si vous n’avez pas compris, ça n’est pas grave, c’est l’histoire d’une famille exemplaire de la république des lettres qui tient du vaudeville et du pilpoul. Explications…

« Avoir rencontré Bernard (NDA : -Henri Lévy), c’est la grande chance de ma vie. Une amitié comme celle-là, c’est aussi rare et précieux qu’un grand amour. »
Jean-Paul Enthoven, L’Événement du jeudi (26 septembre 1996).

« Jean-Paul est beau, intelligent, il a du talent. »
Pierre Nora, L’Événement du jeudi (26 septembre 1996).

Faits et Documents n°365 du 15 décembre 2013 au 15 janvier 2014 : portrait de la famille Enthoven

Faits et Documents n°365 du 15 décembre 2013 au 15 janvier 2014 : portrait de la famille Enthoven

« L’éminence grise du Tout-Paris littéraire. »
Livres Hebdo (8 décembre 2000).

« Raphaël a l’air d’un sage, et ses paroles sont de velours, De sa voix grave et de son regard sans détours, Quand il raconte, quand il invente, je peux l’écouter Nuit et jour… Hmm. »
Carla Bruni (chanson Raphaël).

« Ce pédagogue multimédia impose sa silhouette élancée, son élégance tout en noir et sa voix qui commence moderato et enfle lentement en un vibrato maîtrisé. L’image et le son réunis en un seul corps que Canal + a tenté sans succès de “shangaïer” pour challenger les autres philosophes, normaliens télévisuels. »
Libération (28 septembre 2011)

« Plus qu’un intellectuel, je suis prof de philo. Juif, c’est sûr. Agnostique, c’est beaucoup dire. »
Raphaël Enthoven, Médias (automne 2010).

Jean-Paul Enthoven est né le 11 janvier 1949 à Mascara (Algérie Française). Son père Edmond Enthoven, fils d’Edouard Enthoven et d’Esther Dadoun, a fait fortune dans l’immobilier et dans la gestion de salles de cinéma. Sa mère, Gilberte Tordjman (décédée en septembre 2011), est la fille de Salomon Tordjman (1879-1942) et de Yacoth Amsallem (1888-1970). Ainsi Jean-Paul Enthoven est issu de la bourgeoisie juive séfarade d’Oran où la famille est liée à André Bénichou (juif agnostique, professeur de philosophie, beau-frère de Georges Dayan et père du directeur du Nouvel observateur Pierre Bénichou) qui leur présentera Pierre Nora que Jean-Paul Enthoven considère comme son « Cicéron » (entretien filmé avec François Kraus le 2 septembre 2004) et dont le neveu Olivier Nora (membre du Siècle) est le directeur de Grasset (la maison d’édition de BHL) et le parrain de Mathilde Enthoven, la fille de Jean-Paul Enthoven.
L’Événement du jeudi (26 septembre 1996) raconte son arrivée en métropole : « Chez lui, pas de nostalgie de l’Algérie terre de Soleil. À croire que sa vie a commencé à Paris, la nuit où le petit Jean-Paul, âgé de 11 ans, a réalisé qu’il « dormirait désormais dans la même ville que Jean-Paul Sartre ». Après des études au Lycée Buffon, au Lycée Janson-de-Sailly, puis à la Sorbonne, il obtient une licence d’histoire et un DES de droit public et de sciences politiques. À la Sorbonne, il sera l’assistant de Maurice Duverger (1973-1975). Sa notice Wikipedia indique qu’il est passé par le Lycée Lakanal, ce qui ne figure pas au Who’s Who, publication qui mentionne d’ailleurs (comme bon nombre d’autres biographies) qu’il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris. Or, il ne figure pas dans l’annuaire des diplômés de Sciences-Po qui fait foi. Il faut dire que, dans les années 80, il passait aussi pour agrégé de philosophie.
C’est pendant ses études qu’il se lie d’amitié avec Gilles Hertzog (petit-fils de Marcel Cachin, cofondateur du Parti communiste), qu’il présentera à son autre ami le plus proche, Bernard-Henri Lévy, rencontré en mars 1974 chez le philosophe marxiste Nicos Poulantzas. Lors de leur première rencontre, BHL avait ressenti l’évidence d’une même « communauté de goûts, de dégoûts, de répugnance et de parti pris ». Les trois hommes ne se quitteront plus. Ils se voient tous les jours, se téléphonent plus souvent encore, et Hertzog et BHL partagent la même assistante chez Grasset. Plus qu’un ami, BHL est un frère. Hertzog et Enthoven seront les témoins de BHL lors de ses mariages successifs. Sur son rapport avec Bernard-Henri Levy, Enthoven explique : « S’il fallait nous donner un rôle, je serais plutôt le ministre de l’Intérieur et Gilles [Hertzog], son secrétaire d’État aux Affaires étrangères (Lire du 1er mai 2004). » (…)

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Crédit photo : feuilllu via Flickr (cc)