Sarkozy : le dangereux labyrinthe de l’éternel retour, veut-il, peut-il, doit-il revenir ? Par Raoul Fougax

Sarkozy : le dangereux labyrinthe de l’éternel retour, veut-il, peut-il, doit-il revenir ? Par Raoul Fougax

Nicolas Sarkozy, s’il était resté président, aurait-il fait mieux que François Hollande. Pour la majorité des français sans doute. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il y ait une forte envie de Sarkozy et une attente dans l’opinion.

Sarkozy : le dangereux labyrinthe de l’éternel retour, veut-il, peut-il, doit-il revenir ? Par Raoul Fougax Son retour, quand il est évoqué, se fait le plus souvent par rapport à la déception de la gauche au pouvoir et par l’échec de la droite de se doter d’un nouveau leader incontestable. Il apparaît comme un recours qui serait plus subi que choisi. Il pourra peut être, s’il se dévoile, changer tout cela. En a-t-il envie ? Bien sûr. Le doit-il ? C’est sans doute la principale question. Est-ce que ce serait bon pour la France et les français ? Il y a une France toujours sarkosienne et peut-être majoritaire encore, à droite, qui le pense. Mais ce n’est pas le cas pour toute l’UMP, ce n’est pas le cas pour la gauche, pour le centre et encore moins pour les électeurs du FN.

Sarkozy est donc dans l’attente d’une opportunité indiscutable. Elle ne se produira pas avant les municipales et les européennes. Un effondrement de la gauche qui ne profiterait que peu à l’UMP devancée au niveau national par le FN pourrait lui donner l’occasion de se présenter en moindre mal. Il a tout intérêt à voir le FN monter et terroriser la droite de système et le système lui-même.

2014 pourrait donc signer le retour de Nicolas Sarkozy, qui réfléchit à son projet pour la France, avec l’ambition de reprendre la main sur l’opposition de droite et d’élargir la base traditionnelle de son électorat pour battre la gauche et faire barrage au Front national. Au 77 de la rue de Miromesnil, à Paris, les bureaux de l’ancien président ne désemplissent pas. Anciens ministres, élus de droite et du centre, décideurs, intellectuels répondent à ses invitations.

« Le retour de Sarkozy n’est pas le sujet aujourd’hui. Le sujet, c’est : sur quel projet ? », précise à l’AFP le droitier sarkozien Patrick Buisson, directeur de la chaîne Histoire, ancien directeur du journal Minute, accusé par certains à l’UMP d’avoir précipité la défaite de Nicolas Sarkozy en le poussant à la “droitisation” alors que d’autres estiment que cela a permis de remonter à quelques petits points de la victoire. « Pour revenir, l’ex-président doit relever “deux défis”: d’une part renouveler son offre sociale, en tablant sur la redistribution de l’argent public et l’évolution de la protection sociale, peut-être vers le modèle suisse, d’autre part, renouveler son personnel politique », analyse Patrick Buisson. Selon lui, « la droite doit repenser le socle sociologique de son électorat qui ne peut plus reposer sur les mêmes bases que l’électorat chiraquien ». « La droite ne pourra pas gagner sans le concours de la classe moyenne », qui se sent délaissée et qui est de plus en plus attirée par le vote frontiste, notamment dans les zones périurbaines. « Spéculer sur le seul rejet de la gauche n’est pas suffisant, sauf à s’exposer à de violentes déconvenues », poursuit Patrick Buisson.

Sarkozy : le dangereux labyrinthe de l’éternel retour, veut-il, peut-il, doit-il revenir ? Par Raoul FougaxRachida Dati qui le connait bien estime : « Il peut revenir. Je pense qu’il en a envie, mais il en a envie comme une évidence. C’est à dire que ce n’est pas ‘j’ai un objectif’ ou ‘j’ai une autre ambition’. Ça fait partie de sa vie, voilà. Et donc maintenant, ça dépend des circonstances, des occasions, de l’Etat de la France… »

Il y irait car s’estimant être le seul à pouvoir redresser une situation dégradée. Il ferait don de sa personne…. C’est tout le problème du retour de Nicolas Sarkozy qui pourrait être accepté sans être vraiment souhaité. La résignation au moindre mal ce n’est certes pas suffisant pour rebondir.

Pour revenir il faut comme dans les labyrinthes des livres d’enfants trouver le bon chemin et éviter les cases rejet- Juppé- Copé – diabolisation- procédures judiciaires etc.… etc.… On comprend qu’il hésite avant d’entrer dans le labyrinthe car la sortie Elysée ne sera pas facile à atteindre.

Raoul Fougax

Source : Metamag.

Crédit photo en Une : World Economic Forum, via Flickr, (cc). Crédit images dans le texte : DR.