Extrait : La tyrannie médiatique, de Jean-Yves Le Gallou

Extrait : La tyrannie médiatique, de Jean-Yves Le Gallou

04/12/2013 – 08h30
PARIS (NOVOpress) – Jean-Yves Le Gallou, président du think tank Polémia, s’est fait de l’observation des médias une spécialité. Il a publié en février dernier un pavé de 380 pages, La tyrannie médiatique, aux éditions Via Romana. Décryptant la novlangue et les bobards des médias, son livre jette un éclairage particulier sur ce qui est devenu le premier des pouvoirs, « celui qui s’exerce sur les esprits. » Novopress en publie un court extrait pour ses lecteurs. Acheter La tyrannie médiatique sur Amazon.


De si gentils délinquants immigrés…

La fabrique du héros ou du salaud ne concerne pas que des individus. Elle peut s’étendre à tout un parti ou à une catégorie de la population. Ainsi, la surdélinquance liée aux phénomènes migratoires est un fait : plus de 50% des détenus dans les prisons françaises sont musulmans et 18% des détenus sont de nationalité étrangère (musulmans ou non de religion).

La tyrannie médiatique, de Jean-Yves Le Gallou

La tyrannie médiatique, de Jean-Yves Le Gallou

Moins d’un tiers des détenus sont des français de souche. La surpopulation carcérale si souvent dénoncée est une conséquence mécanique de l’immigration. Eh bien ! Les médias utilisent une large palette des méthodes pour camoufler ces faits : le silence quand c’est possible, le bon gros bobard parfois mais aussi – il fallait y penser- la présentation systématiquement positive des délinquants d’origine immigrée. Voici un petit florilège (florilège emprunté à Michel Geoffroy).

Dans Le Figaro.fr du 27 février 2008, Anne Charlotte de Langhe rend compte du procès de l’élève ayant tenté d’assassiner, le 16 décembre 2005, une enseignante, Karen Montet-Toutain : ce procès, « c’est celui d’un jeune homme vaguement perdu, d’une institution, d’une violence et d’un système entier ». Le ton est donné, car pour l’auteur, le vrai coupable c’est, bien sûr… le ministère de l’Éducation nationale ! L’élève s’appelle Kévani Wansale et il a poignardé son enseignante à sept reprises : la journaliste préfère écrire qu’il « l’agresse violemment au moyen d’un couteau de cuisine ». Bientôt, on se demandera si elle ne les a pas un peu cherchés, ces coups de couteau…

Encore un exemple ? Le Monde du 22 octobre 2008, titre : « Mort de Sidi-Ahmed : en toile de fond une banale histoire d’amour » : l’article d’Yves Bordenave relate la comparution en cour d’assises des auteurs de la mort par balle du jeune Sidi-Ahmed Hammache le 19 Juin 2005 dans la cité des 4000, à la Courneuve, à la suite d’une altercation. Il est donc « banal », pour l’auteur de l’article, de conclure une histoire d’amour à coups de pistolet…

Dans Le Figaro.fr du 12 août 2009, figure un article de Cyrille Louis, « Une bande de l’Essonne sème le trouble à Royan », avec pour sous-titre « Après avoir multiplié les agressions et les menaces, des jeunes ont été la cible lundi d’une action punitive des forains locaux ». La lecture de l’article montre que ce que l’auteur désigne par « trouble » recouvre les faits suivants : occupation illégale de logement, vente de stupéfiants, vols, dégradations, coups, menaces, tentative d’extorsion : c’est à dire des délits, en bon français.

D’une façon générale, tous ces articles sont construits selon un schéma invariant dès lors qu’ils sont conduits à rendre compte (souvent de mauvaise grâce) de violences ou de délits commis par des personnes d’origine immigrée, des personnes de couleur ou de religion musulmane :

– leurs actes sont toujours « incompréhensibles », on « s’interroge », etc. ;

– ils ont été commis dans des quartiers toujours « tranquilles » ou « sans histoire »… jusque-là ;

– le présumé coupable est en général présenté de la façon la plus positive possible (« sérieux, bien intégré, cherchant du travail, apprécié de tous », etc.) ;

– on évite les mots qui pourraient choquer : au lieu de crime on parle de « drame » ; au lieu de vol, de « larcin » ; au lieu de délit, de « bêtise » ou de « faux pas » ; au lieu d’écrire que c’était un délinquant endurci, on écrira qu’il « avait un passé de violences », etc. D’une façon générale, les violences ou les crimes racistes ne sont jamais attribués à des personnes d’origine immigrée mais toujours à des Français de souche : cela procède d’une désinformation qui pose en tabou que l’immigré est par construction d’abord une victime soumise et l’autochtone un oppresseur dominant ;

– on donne toujours la parole à la famille du délinquant ou à ses proches et ceux-ci font part de leur désarroi ; les victimes, elles, n’ont droit à la parole que si elles tiennent des propos lénifiants ou si elles déclarent « refuser de faire des amalgames » ou rejettent la « récupération politique » du drame, c’est à dire que l’on censure toujours la mise en perspective de ces évènements, sauf si c’est, bien sûr, pour faire le procès du « chômage » ou du « racisme ». (…) Acheter La tyrannie médiatique sur Amazon.

Jean-Yves Le Gallou, énarque, dirige la fondation Polémia, un think tank qui organise chaque année la journée d’étude de la réinformation et la cérémonie des Bobards d’Or.