François Hollande a affronté un week-end de révolte

François Hollande a affronté un week-end de révolte

03/12/2013 – 08h00
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) – François Hollande n’a pu profiter longtemps du bidouillage des chiffres du chômage annonçant une reprise économique prochaine. Les Français n’y croient plus et l’ont fait savoir ce week-end.
A tout seigneur tout honneur, les Bonnets rouges ont largement réussi leur pari d’un nouveau rassemblement en Bretagne. Ils ont mobilisé 40.000 personnes au site des Vieilles charrues à Carhaix, dans le Finistère. La suppression de l’écotaxe a trouvé écho auprès des transporteurs routiers, les plus visés par cette mesure. Samedi, la place Beauvau recensait quarante‑sept « points d’action » des chauffeurs routiers, principalement des barrages filtrants et des opérations escargot, sur l’ensemble du territoire. A noter également un rassemblement citoyen à Paris place du Châtelet, ainsi que des mouvements un peu partout dans toutes les villes de France, voulant exprimer leur ras‑le‑bol quant au matraquage fiscal.

Mais où sont donc passés les soutiens de la majorité ? Excellente question. Même Jean‑Luc Mélenchon a appelé dimanche à marcher sur Bercy. C’est pour dire à quel point la majorité de la gauche dite plurielle est fracturée. L’ancien candidat à la présidentielle souhaitait récupérer le mouvement de colère contre la fiscalité excessive du gouvernement et entendait aussi ne pas laisser la rue aux Bonnets rouges, mouvement que l’extrême gauche juge populiste. Las, le flop de cette tentative de récupération n’en finit plus de faire jaser. Les autorités, qui refusaient au départ de communiquer toute estimation sur le nombre de manifestants, ont fini par donner le chiffre de 7.000. Loin des 100.000 revendiqués par les organisateurs.

Le gouvernement a‑t‑il de réelles raisons de s’inquiéter ? Oui car les différents mouvements contestataires ne comptent pas en rester là. Les Bonnets rouges et les routiers ont prévu de poursuivre leurs actions en début de semaine, dans les grandes agglomérations. Même si un essoufflement est espéré, une coagulation des mouvements est crainte en haut lieu. Nul doute que François Hollande et ses fidèles surveillent avec une grande inquiétude l’appel à une manifestation nationale le 26 janvier, baptisé Jour de colère.

Crédit photo : Manuel Canevet via Wikipédia (cc)