Libération a-t-il été marabouté ?

Libération a-t-il été marabouté ?

21/11/2013 – 17h45
PARIS (NOVOpress) – Avalanche de tuiles pour Libération depuis de nombreux mois. Retour sur une année noire pour le quotidien de référence de la gauche.

Septembre 2012 : Libé titre « Casse-toi riche con » avec une photo du patron français Bernard Arnault. Dans la foulée, l’annulation des contrats publicitaires LVMH, dont Arnault est PDG, aurait privé Libé d’une manne de 500.000 à 700.000 €. Grand seigneur, le même Bernard Arnault a tout de même renoncé à poursuivre Libé en diffamation. Même le grand capital ne tire pas sur une ambulance… À moins que l’actionnaire de référence du journal, l’homme d’affaires franco-israélien Édouard de Rothschild, ne soit intervenu pour sauver sa danseuse ? Il s’était pourtant félicité à l’époque d’« une belle opération de marketing ».

Avril 2013 : Le 8 avril 2013, Libé affiche en une une rumeur selon laquelle, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, possèderait un compte en Suisse. Le lendemain même, Nicolas Demorand publie platement des excuses qualifiées d’« esquives » par Acrimed. Dans le même temps, Nicolas Demorand est de plus en plus contesté au sein du journal. Il cumule en effet la direction de la rédaction et la direction de la publication, ce qui est mal perçu par le conseil de surveillance de Libé, qui représente les actionnaires. Ces tensions interviennent alors que les ventes de Libération s’écroulent.

Juin 2013 : Nicolas Demorand quitte son poste de directeur de la rédaction, au grand soulagement des journalistes de Libé : « Le conflit dur[ait] depuis… son arrivée en mars 2011. Deux mois après, l’ex-anchorman de France Inter se prend sa première motion de défiance. Le rejet est massif : 78%. Les griefs envers le nouveau patron seront les mêmes pendant deux ans : pas de sens collectif, arrogance, autocratie, unes racoleuses et sentiment de dépossession des journalistes. » Fabrice Rousselot lui succède en à la tête de la rédaction en juillet 2013.

Septembre 2013 : passées les vacances, Libé joue sur le registre des pleureuses, tout en essayant les traits d’esprits second degré. Ils seraient en effet boycottés par TF1 qui n’invite plus Libération aux conférences de presse. Est-ce le résultat d’une prise de bec entre Martin Bouygues, dont le groupe possède 43,7% de parts de la chaîne, et Édouard de Rothschild ?

Novembre 2013 : La situation économique de Libération empire, ses ventes en kiosque s’effondrant de 29,5 % (OJD) et sa diffusion globale payée reculant de 16,5% sur la même période, à 102 000 exemplaires en moyenne. Selon l’Ojim, « ces chiffres catastrophiques ont entrainé cette année une perte « de 1 à 1,5 million d’euros en 2013 », le premier déficit du journal depuis trois ans. » Dans le même temps, Libé connaît quelques pannes informatiques sur son site internet

18 novembre 2013 : une tuile de plus à l’édifice… Un « tireur fou » s’en prend à un jeune assistant photographe de Libé, pigiste, et lui tire dessus au siège du quotidien, dans le 3ème arrondissement de Paris. Nicolas Demorand, jamais en panne d’idées, sous-entend à demi-mot sur i>Télé qu’il pourrait s’agir d’un militant d’extrême-droite. Manque de bol, 36 heures plus tard, le tireur est interpellé, il s’appelle Abdelhakim Dekhar, c’est un activiste d’extrême-gauche passé par la CNT (mouvance anarchiste). Comble du ridicule, un chroniqueur de Libé écrivait quelques jours plus tôt : « Pour combattre la barbarie, on préférera décidément les méthodes des antifas, fussent-ils extrémistes, que la saisine, vraisemblablement vaine et contre-productive, du parquet par Matignon. » Comme le dit la chanson du mythique groupe de rap parodique MC Warrior, inventé par Groland : « tu l’as voulu, tu l’as eu, un grand coup dans ton… ».

Libé va-t-il finir l’année ?