Hollande s'étant esquivé, Ayrault doit affronter la colère des maires de France

Hollande s’étant esquivé, Ayrault doit affronter la colère des maires de France

21/11/2013 – 14h00
PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) –
François Hollande s’est invité mardi soir au stade de France, mais son agenda était trop rempli pour venir au congrès annuel des maires de France. C’est donc une fois de plus Jean‑Marc Ayrault qui s’y colle, et il doit affronter une assemblée de maires très remontée.

Les motifs de colère des maires ne manquent pas : les budgets sont en baisse tandis que les charges s’alourdissent, et cela devrait continuer avec la réforme de décentralisation ; les normes administratives et la bureaucratie étouffent les énergies ; la délinquance et la criminalité continuent de s’étendre, de même que l’assistanat… L’intercommunalité est aussi source de critiques pour les gaspillages qu’elle génère souvent et pour la menace qu’elle représente pour les maires, à qui on retire de plus en plus de liberté. Mais ce qui les irrite le plus, c’est peut‑être le manque de considération dont fait part le gouvernement Hollande à leur égard depuis mai 2012.

Beaucoup gardent en travers de la gorge le passage en force du mariage entre personnes de même sexe…

Des milliers d’entre eux s’étaient mobilisés avec la Manif pour tous. Beaucoup aussi, même parmi les partisans de la loi, ont été choqués par le mépris du gouvernement qui n’a jamais voulu recevoir la délégation du collectif Maires pour l’enfance.

Aujourd’hui, c’est la réforme des rythmes scolaires imposée par Vincent Peillon qui concentre le plus de critiques : une cinquantaine de maires appellent à boycotter la réforme, dont le financement n’est pas maîtrisé et qui risque de coûter cher.

À quatre mois des municipales, Jean‑Marc Ayrault va devoir se montrer particulièrement diplomate
…ou imaginatif pour tenter de retrouver la confiance des maires, qui, à l’image de l’ensemble des Français, jugent Hollande et son gouvernement loin d’être à la hauteur de leur mission. Hier, après quelques applaudissements polis, il a dû essuyer huées et sifflets, et cela risque de continuer aujourd’hui.

Crédit photo : Parti socialiste via Flickr (cc)