Henry de Lesquen : "Oser dénoncer le cosmopolitisme comme l’ennemi des nations"

Henry de Lesquen : “Oser dénoncer le cosmopolitisme comme l’ennemi des nations”

21/11/2013 – 13h00
PARIS (NOVOpress) – Les 23 et 24 novembre, le Club de l’Horloge organise sa 29ème Université annuelle dont le thème est « Le cosmopolitisme, idéologie dominante mondiale ». Novopress a rencontré Henry de Lesquen, le président du Club de l’Horloge, à cette occasion.

Henry de Lesquen, vous êtes président du Club de l’Horloge. Pouvez-vous nous dire quel est son rôle dans le débat public d’aujourd’hui ?

Le Club de l’Horloge est un cercle de pensée politique indépendant des partis. Depuis sa création en 1974, il a développé un corps de doctrine pour la droite à travers ses conférences, colloques, universités annuelles, ouvrages de commission, en associant à ses travaux les meilleurs esprits de la France et de l’étranger. Il a l’ambition d’être une boussole idéologique et il l’a effectivement été. Songez que c’est lui qui a lancé plusieurs notions centrales du débat public, telles que la préférence nationale, l’Europe des nations, la superclasse mondiale, la réinformation…

Pourquoi le Club de l’Horloge consacre-t-il son université annuelle au cosmopolitisme ?

La raison en est simple. Chacun s’accorde à reconnaître que nous vivons en France, mais aussi à vrai dire dans la plupart des pays du monde, sous l’emprise d’une idéologie dominante. On parle de manière équivalente de pensée unique et de « politiquement correct ». N’est-il pas étrange que cette pensée ou idéologie, unique et dominante, ne soit définie que par ses attributs, mais jamais par son contenu ? Il n’est pourtant pas difficile de l’appeler par son vrai nom : c’est le cosmopolitisme, étymologiquement la philosophie des « citoyens du monde », qui ne se réclament du monde que pour refuser de faire allégeance à la cité charnelle. Le cosmopolitisme vient du fond des âges, puisqu’il a d’abord été imaginé dans la Grèce antique. Il a pris le pouvoir aujourd’hui dans le monde entier parce qu’il est porté par la superclasse mondiale et les oligarchies qui en sont l’émanation dans chaque pays.

L’antiracisme et l’idéologie immigrationniste sont les deux aspects de la subversion cosmopolite les plus connus de nos lecteurs. En voyez-vous d’autres à l’œuvre aujourd’hui ?

J’en vois une dizaine d’autres. En vrac : le mondialisme et la supranationalité ; le réchauffement climatique qui serait dû à l’action perverse de l’homme ; le libre-échangisme ; la dénaturation de l’histoire, celle de l’art et celle de la famille, avec le mariage homosexuel et la théorie du genre ; l’Etat de droit, négation de l’Etat républicain ; la corruption de la langue au profit du sabir anglo-saxon… En effet, le cosmopolitisme veut anéantir aussi bien les frontières matérielles entre les nations que les frontières spirituelles que sont la morale et les traditions et qui constituent notre identité.

Comment résister contre les atteintes du cosmopolitisme à notre identité ?

Il faut d’abord tout simplement ouvrir les yeux et désigner l’adversaire par son nom, appeler un chat un chat et oser dénoncer le cosmopolitisme comme l’ennemi des nations et du genre humain. Ensuite, comprendre l’unité profonde de ses manifestations diverses, discerner par exemple que l’antiracisme, la théorie du genre et le prétendu art contemporain, qui est un non-art dégénéré en réalité, sont produits par la même source.

Crédit photo : Novopress via Flickr (cc)