Le gouvernement grec fait fermer le siège de la télévision publique par la police antiémeute

Le gouvernement grec fait fermer le siège de la télévision publique par la police antiémeute

Ci-dessus : En Grèce, protestation contre la fermeture de la télévision publique.

09/11/2013 – 15h30
ATHÈNES (NOVOpress/Bulletin de réinformation) – A 4 h 20 jeudi matin, pas moins de huit unités de la police antiémeute grecque ont entrepris l’évacuation de l’ancien siège de la radio-télévision publique ERT dans une banlieue résidentielle du nord d’Athènes. Une vingtaine de journalistes et techniciens assuraient la production de programmes « illégaux » depuis que le gouvernement à interdit d’émettre à ERT (voir ci-dessous). Le président du syndicat du personnel d’ERT et trois autres collègues, présents à l’arrivée des policiers, ont été transféré à la sécurité grecque pour interrogatoire. Maintenus à distance par un impressionnant cordon de sécurité policier, plusieurs dizaines de manifestants ont rapidement afflué, jusqu’à être plus de 3000 dans l’après-midi.

La Grèce a mis fin aux activités télévisuelles d’ERT pour faire des économies et se plier aux exigences des plans d’aide accordés par ses créanciers internationaux.

Arguant du fait qu’ERT coûtait 300 millions d’euros par an, dans un pays en très grave crise économique, la Grèce avait brutalement arrêté sa radio-télévision publique le 11 juin, mettant 2 700 employés au chômage. Cette décision avait provoqué une émotion considérable, tant en Grèce qu’à l’étranger. Elle avait failli provoquer la chute du gouvernement de coalition d’Antonis Samaras, avec le départ d’un de ses alliés de la coalition. Depuis, quelques dizaines d’irréductibles occupaient les locaux et assuraient un programme sur Internet. Une nouvelle station de télé nationale, DT, a été mise en place par le gouvernement en juillet et a recruté au mois d’août plusieurs centaines des anciens employés d’ERT pour assurer un contenu d’information. Ce sont les équipes de ce nouvel audiovisuel grec que le gouvernement entend désormais faire entrer dans les locaux évacués jeudi matin, notamment en vue de la couverture médiatique de la prochaine présidence grecque de l’Union européenne. « L’image de policiers en grand appareil forçant l’entrée de ce qui a durant des décennies été le symbole de l’audiovisuel public restera à jamais imprimé dans ma mémoire », confiait jeudi matin, ému, Nikos Michalitsis, l’ancien et très respecté directeur technique d’ERT, arrivé sur les lieux quinze minutes après le début de l’évacuation.

Crédit photo : George Diakoumakos, via Flickr, (cc).